1962 de Mohamed Kacimi
Cie italique de Paris
à La Minoterie
4-5 et 6 novembre à 20h & le 7 novembre à 15h

L’histoire
Le port de Marseille aujourd’hui. Nadia attend un bateau et retrouve Gharib. Ils évoquent leur enfance commune à El-Hamel, village aride perdu sur les hauts plateaux algériens ; enfance heureuse bercée par l’attente émerveillée de “l’indépendance”. Mais à la place de la fête attendue, le jeune Gharib croule sous le poids de l’arme transmise par son père, Nadia s’ensanglante les mains à hisser le drapeau algérien et le vieil instituteur en blouse grise a troqué sa règle en bois contre une règle en fer. Quand ils fuguent vers la mer, ils sont rattrapés et corrigés. Quand ils veulent s’aimer, ils sont enfermés et Gharib s’exile. Aujourd’hui Gharib vit à Marseille et voit Nadia partir pour son pays, l’Algérie.
Pourquoi 1962 ?
1962 , c’est écrire au coeur de l’utopie et de la blessure, écrire au coeur de l’ultime croisée de chemins des histoires d’Algérie et de France. Cette date a été ressentie du côté français comme une blessure qu’on a tenté de panser par l’oubli ; du côté algérien, elle sera vécue comme une crue de rêves, que le régime endiguera à force de silence. 1962, L’Algérie venait de naître au monde avec fracas et lyrisme. Enfant de l’indépendance, j’ai ouvert les yeux sur un pays dont la terre et le ciel ne semblaient être là que pour obéir à nos rêves d’enfance et de libération. Mohamed Kacimi
Ce projet mêle le récit autobiographique, au jeu des acteurs et à la musique, liant les souvenirs intimes à la mémoire d’un pays. Souvent, les enfants parlent à haute voix dans la nuit pour conjurer leur peur du noir. Aujourd’hui, des enfants de l’Indépendance redonnent vie à cette année 1962, qui fut celle de tous leurs rêves et de leurs désillusions. Face à la menace qui pèse en Algérie sur la langue et en France sur la parole, qui liaient les deux communautés, le spectacle sera l’occasion de retrouver, sans culpabilité ni nostalgie, ces moments d’histoire faits de la proximité, parfois étouffante, des deux peuples et de leurs espaces. Quand des enfants d’Algérie se tordaient de rire à la veille de l’indépendance en apprenant : La Méditerranée traverse la France comme la Seine traverse Paris. Valérie GRAIL
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