Un délégué de SUD Rail, Bouabdellah Frahlia, d’origine algérienne, évalue à 2 000 le nombre de Marocains lésés par la clause de nationalité toujours en vigueur à la SNCF, alors qu’elle a sauté en 2002.
De quoi s’agit-il ? À ce jour, les cas de 89 plaignants, tous employés ou retraités de la SNCF, passent au tribunal des prud’hommes. Ils réclament la reconstitution de leur carrière et l’alignement de leurs retraites sur celles des Français embauchés aux mêmes postes. Ils se disent discriminés parce qu’ils n’ont pu accéder au statut protecteur du personnel de la SNCF, réservé aux Français, et élargi depuis peu aux ressortissants de l’Union européenne.
"Ils sont venus nous recruter sur place, au Maroc, avec l’appui du bureau marocain de la Main-d’oeuvre. Puis direction la France." Sur un contrat de travail montré à la journaliste de Libération est écrit "Le salaire et les conditions de travail sont alignés sur l’ouvrier français."
L’audience se tiendra le 14 décembre. 58 nouveaux cas sont venus s’ajouter. Leur avocat évalue chaque préjudice individuel entre 300 000 et 400 000€.
Mais que voulait donc dire le vieux slogan "à travail égal, salaire égal" ? N’était-il pas tout simplement républicain ? Fallait-il ne l’entendre qu’entre Français ? Ne s’appliquerait-il pas également dans le cas du travail des étrangers ? Et celui des femmes par rapport au travail des hommes, qui campe 17% dans notre beau pays ?
Il va quand même falloir un jour finir par avancer...
André Balbo
Source : Libération

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