Le Conseil de Paris vote aujourd’hui l’uniformisation des tarifs des cantines scolaires : dès la rentrée prochaine, les quelque 175 600 écoliers et collégiens parisiens profiteront d’une seule et même grille tarifaire.
Fixés jusqu’ici par les caisses des écoles, les prix des repas variaient d’un arrondissement à l’autre. À revenus identiques, les parents d’écoliers du XVIe et du XVIIIe paieront désormais exactement le même prix.
Les 8 tarifs de la nouvelle grille ont été établis en fonction des revenus familiaux et du nombre d’enfants à charge. « Nous avons aligné la grille des tarifs les moins chers, sur les plus bas déjà pratiqués à Paris, c’est-à-dire sur ceux du XIVe », explique Colombe Brossel, l’adjointe au maire de Paris chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative.
Ainsi les moins fortunés payeront 0,13€ par repas. À l’autre extrême, les plus aisés financièrement devront débourser 5€. Cette réforme n’est pas neutre. Elle rebat les cartes entre les Parisiens : « 65% des familles verront le prix des repas diminuer et il augmentera pour les autres, soit dans 35% des cas », signale Colombe Brossel. En clair, le nouveau système pénalisera les plus riches. « Prenons un cas extrême. Dans le XIXe, pour un couple qui serait au tarif 8, le prix d’un repas passera de 3,50 à 5 €. Cela fera 30€ d’augmentation par mois pour un couple qui touche 7 500€… ».
Tous ne sont cependant pas de cet avis. Certains pointent des augmentations fortes aussi pour les classes moyennes. « Dans le XVe, dès la prochaine rentrée, la mise en place de cette réforme imposée par le maire de Paris, entraînerait l’augmentation de 11,52€ par mois et par enfant pour le tarif 6 et de 14,40€ pour les tarifs 7 et 8 », signale Philippe Goujon, maire UMP du XVe. Par ailleurs, 40 collèges qui appliquaient jusqu’ici une tarification indépendante des revenus des parents (de 2,80 à 3,60€ par repas) devront aussi s’aligner sur la nouvelle grille.
Reste qu’une trentaine de collèges sont encore exclus de cette réforme. Présents dans des cités scolaires, c’est-à-dire partageant leurs locaux avec un lycée, leur gestion dépend du conseil régional. La mairie ne peut donc pas leur imposer ces nouveaux tarifs, mais elle souhaite lancer des négociations pour les intégrer prochainement à la réforme.
André Balbo
Sources : Le Parisien

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