Accueilli par l’association de féministes MMF qui protestait devant le siège de TF1, Dominique Strauss Kahn est arrivé vers 19h30 dans l’immeuble de la chaîne de télévision pour sa première intervention publique depuis son arrestation en mai dernier à New-York.
A 20h10, l’interview commence. Le visage grave, DSK revient sur l’affaire l’ayant opposé à Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel qui l’accuse de l’avoir violée. Comme prévu, en raison du fait qu’un procès civil va bientôt s’ouvrir à New-York, l’homme politique n’est pas entré dans les détails de ce qui s’est passé dans sa chambre d’hôtel. Après avoir insisté sur son besoin de s’exprimer directement aux français, DSK confirme avoir eu des rapports sexuels avec la plaignante, mais nie toute violence et toute contrainte : « Ce qui s’est passé ne contient ni violence ni acte délictueux, c’est le procureur qui l’a dit ».
Reconnaissant « une faute, vis à vis de la Femme, mais aussi vis à vis des Français », il se fait ensuite plus virulent dans ses propos à l’encontre de l’Express, qu’il qualifie de « tabloïd », et de force lorsqu’il agite vigoureusement le rapport du procureur Vance, affirmant qu’il ne l’accuse en rien. Pour la suite de l’affaire, portée au civil par l’accusatrice, il affirme sa volonté de ne pas négocier, et donc de remporter son procès.
Vindicatif, tout en restant prudent et en circonscrivant ses propos à ce qui a déjà été dit par le procureur américain ou les hommes de lois, DSK n’exclut pas la possibilité d’un complot tendu à son encontre alors qu’il faisait partie des favoris à la course à la présidence. « Un piège c’est possible, un complot, nous verrons »..., dit-il, laissant sa phrase en suspens.
Quant à son avenir politique, l’ancien directeur du FMI botte en touche. « Je souhaite la victoire de la gauche, je ne crois pas que ce soit mon rôle de m’immiscer dans la primaire », dit-il avant de conclure : « Toute ma vie a été consacrée à être utile au bien public, on verra... »
Suite à son intervention, attendue depuis plusieurs semaines, les réactions ne se sont, elles, pas fait attendre.
Comme d’habitude, Jack Lang n’a pas ménagé ses efforts : « Dominique a parlé la langue du cœur, de la vérité et de l’intelligence. Son intervention remarquable était pleine d’émotion et de justesse. Je suis fier d’être son ami. »
Jean-Pierre Raffarin a déclaré sur Twitter qu’il avait trouvé DSK « plus à l’aise pour afficher sa compétence que sa sincérité ».
Anne Mansouret, mère de Tristane Banon a fait preuve de sévérité : « Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a fait preuve d’une totale irresponsabilité par rapport à ses fonctions ».
Quand Claude Ribbe, du comité de soutien à Nafissatou Diallo, s’est montré plutôt virulent : « cet homme enfin est l’arrogance, le mépris, la malhonnêteté, la vulgarité personnifiés ».

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