Comme vous l’imaginez, la maréchaussée est sur les dents. Mais, de quel « Matignon » s’agira-t-il ? De l’avenue Matignon, cœur du haut luxe et des frivolités aux prix astronomiques, ou de l’hôtel Matignon, bureau et demeure du Premier ministre ? Vous le saurez très bientôt.
Quatre années après l’action surprise des Enfants de Don Quichotte sur les berges du canal Saint-Martin, les tentes reviennent défendre la cause des mal-logés et des sans-abri.
Cette fois-ci, l’action est menée par un collectif de 31 associations (donc 31 tentes) qui luttent toutes contre l’exclusion.
Le lieu qui sera choisi est demeuré secret. Pour le teasing, on évoque Matignon… peut-être pour viser ailleurs, qui sait, les environs du palais de l’Élysée, la place de la Concorde, la pyramide du Louvre, l’Arc de Triomphe…
Dans le collectif figurent la Croix-Rouge, le Secours catholique, Emmaüs France, la Fondation de l’Armée du salut, Médecins du monde, et les Petits Frères des pauvres. Ils entendent ainsi protester contre la politique actuelle en matière de logement et d’hébergement.
« Alors que nous entrons dans la période hivernale, les promesses n’ont pas été tenues ».
Les représentants de ces associations ont la ferme volonté de s’installer durablement sous les tentes… « en attendant des signes forts » du sommet de l’exécutif.
Selon la Fondation Abbé Pierre, il y aurait 3,5 millions de mal-logés en France. Les expulsions sont interdites jusqu’au 15 mars en vertu de la trêve hivernale, mais le nombre des expulsions aurait cependant augmenté ces dernières semaines, juste avant l’ouverture de la période de protection des familles en situation d’impayés.
Comme place des Vosges, par exemple.
Le DALO permet en théorie aux personnes ayant droit à logement social de se retourner contre l’État. Mais en réalité, selon le DAL ou la Fondation Abbé Pierre, peu de solutions concrètes sont trouvées.
Benoist Apparu, le secrétaire d’État au Logement, ne le dément pas, quand il déclare sur Europe 1 : « On a du mal à remplir nos obligations. L’an dernier, en Ile-de-France par exemple, à peine 25% des dossiers de personnes reconnues DALO étaient logées au moment où il fallait le faire. On est monté à 40% cette année. C’est un peu mieux mais pas encore du tout satisfaisant ».
Selon Jean-Baptiste Eyraud, le fondateur du DAL, l’association Droit au logement qui vient de fêter ses 20 ans : « Dans les zones tendues comme la région parisienne, c’est une catastrophe. Depuis janvier 2008, le nombre de demandeurs prioritaires non relogés augmente ».
Donc, direction Matignon.
André Balbo
sources : Le Parisien, Le Point, Europe 1

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