L’agence régionale de santé d’Ile-de-France, l’ARS, a commandé une étude à l’institut de sondage Harris Interactive concernant la nature des rapports des Franciliens avec les soins et la santé.
Dans ce cadre, 1 002 personnes représentatives de la population de la Région, âgées de 18 ans et plus, ont été interrogées par Internet du 18 au 28 novembre 2011.
Selon l’institut Harris, il ressortirait de ces entretiens que 80% des Franciliens seraient satisfaits de la qualité des soins dispensés en Ile-de-France. Autre élément de réponse, les généralistes y seraient très appréciés par 78% des sondés.
En revanche, dans le même temps, l’accès aux soins semblerait s’être dégradé et serait devenu inégalitaire : selon l’étude « il ne serait pas homogène ». Entre les patients qui ne peuvent tolérer un délai d’attente trop long et ceux qui n’ont pas les moyens de payer la consultation, quatre Franciliens sur dix, soit 40% de la population, renonceraient à se soigner.
Et cela alors même que, juste après la région Paca, l’Ile-de-France serait la deuxième région de France par le nombre de ses praticiens (47 000 médecins recensés).
Si 4 Franciliens sur 10 déclarent avoir déjà renoncé à des soins, pour eux ou pour leurs proches, les raisons invoquées sont principalement :
le manque de moyens financiers (pour 59%),
ou l’importance des délais d’attente, jugés trop longs (30%), et cela notamment dans certaines spécialités pour lesquelles les délais de prises de rendez-vous s’étireraient considérablement.
Dans la mesure où l’enquête portait globalement sur la région, les résultats obtenus ne permettent aucunement d’affiner les données département par département. En revanche, ils pointent crûment de nettes inégalités par catégories sociales.
« Même si c’est une Lapalissade que de remarquer que ce sont essentiellement les personnes économiquement et socialement défavorisées qui renoncent le plus souvent à se soigner, la remarque mérite d’être soulignée dans une région où 14% de la population vit sous le seuil de pauvreté, et où cette situation touche dorénavant des personnes qui perçoivent un salaire. »
Devant l’aggravation de la situation, l’enquête fixe un cadre de réflexion pour l’action à venir de l’ARS en Ile-de-France.
Cette région rassemble 20% des Français et l’accès à la santé pose de nombreux problèmes. Entre le coût de plus en plus cher des mutuelles et la juste rémunération des actes médicaux, l’ARS se devrait de faire évoluer favorablement ces paramètres en prenant en compte les niveaux de revenus.
Pierre Laporte, élu (Fase) dans le 93 et président de la Conférence territoriale de santé (une instance de discussion créée par l’ARS composée d’associations, de professionnels et d’élus), entend également améliorer le niveau d’information : « Il faut aussi travailler sur la méconnaissance des droits, certains ne savent pas qu’ils bénéficient d’une mutuelle, payée par leur entreprise ».
Rien de bien décisif donc, à ce jour, bien peu de raisons d’espérer de prochaines améliorations, et une situation qui n’évolue vraiment pas dans un sens favorable…
André Balbo
sources : Harris, ARS, CTS, comparamutuelles

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