4 commissionnaires de l’Hôtel Drouot, que l’on surnomme les Savoyards, soupçonnés d’avoir pris part à des vols d’œuvres d’art destinées aux enchères, ont été longuement entendus au début du mois d’avril par les policiers dans les locaux de Nanterre de l’OCBC (Office central de lutte contre le trafic des biens culturels).
Les Savoyards règnent en maîtres depuis 1860 sur l’Hôtel Drouot. Ils forment une confrérie unique ! On les appelle aussi les Cols rouges, pour la couleur du col de leur vareuse noire. Incontournables, ils transportent, stockent, protègent et mettent en place les objets qui seront vendus aux enchères. Depuis Napoléon III, ces déménageurs de luxe forment une aristocratie de la manutention. Venus des deux Savoies, ils se cooptent et se rachètent entre eux leur charge (autour de 50 000 euros, dit-on).
« Ces auditions font suite à une première vague d’interpellations déclenchée le 1er décembre 2009 à la suite du vol d’un tableau signé Gustave Courbet, au cours d’un déménagement, a précisé une source proche de l’affaire au Parisien. À l’époque, un commissaire-priseur et 8 autres commissionnaires avaient été interpellés. Tous avaient été mis en examen et 3 d’entre eux avaient été écroués. »
Les 4 personnes récemment entendues étaient chargées de la discipline au sein de l’UCHV (l’Union des commissionnaires de l’hôtel des ventes de Drouot).
« Ces 4 suspects étaient notamment chargés de la répartition des charges et des sanctions au sein des commissionnaires. Les box dont ils disposent dans le cadre de leur attribution, à Bagnolet, ont été perquisitionnés. Une centaine d’objets, détournés au cours de déménagements, ont été retrouvés mais aucune pièce de très grande valeur. Leur audition a permis de confirmer un système organisé de vols et de recels d’objets volés au sein des commissionnaires de Drouot. Plusieurs objets dérobés il y a plusieurs années ne pourront jamais être restitués. »
Co-saisis dans cette affaire, les enquêteurs de la plate-forme d’identification des avoirs criminels (Piac) ont épluché les comptes bancaires des suspects. « Près de 30 000€ ont été bloqués sur ces comptes, confie un proche du dossier. Les 4 commissionnaires ont reconnu avoir participé à plusieurs vols. Ils ont été remis en liberté et pourraient être prochainement mis en examen par le juge d’instruction parisien, Jean-Louis Périès. Les investigations se poursuivent. »
André Balbo
Sources : Le Parisien, le JDD

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