À Paris, mais aussi à Bordeaux et à Montpellier, plusieurs centaines de salariés de Sanofi-Aventis ont encore manifesté le 5 janvier 2011 contre le plan de 575 départs de salariés, dont 497 visiteurs médicaux. Il n’y aurait pour les manifestants « aucune justification économique à ce plan ». Des négociations viennent de s’ouvrir pour définir les mesures d’accompagnement.
Le groupe continue d’exciter ses salariés. Il avait annoncé début décembre 2010 cette réduction d’effectifs de sa branche commerciale. Il s’agit du 3e plan en 3 ans dans un secteur en mutation, affecté par la concurrence des génériques, un contexte réglementaire plus difficile et la volonté des Etats de réduire les dépenses de santé. Outre les visiteurs médicaux, 78 salariés du siège sont également concernés. Des préretraites et des reconversions professionnelles sont prévues par l’entreprise, qui entend privilégier le volontariat.
À Paris même, devant le siège de la branche commerciale du laboratoire, plus de 700 salariés se sont rassemblés avec leurs syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, Pharmacadres, Solidaires, Unsa et Usapie) qui appelaient à une grève d’une journée. Ils furent aussi 200 à Bordeaux, et 350 à Montpellier ce même jour.
Pour Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi-Aventis : « cette annonce est scandaleuse et nous sommes dégoûtés de cette direction », puisque le groupe pharmaceutique a affiché avec 5,3Mds€ en 2010, les meilleurs profits du CAC 40.
Pour Roseline Labarrière, déléguée syndicale FO : « Sanofi-Aventis gagne de l’argent et tous les bénéfices sont faits par ces gens-là, ces personnes qui rencontrent les médecins et les informent. C’est un plan mortifère, car la moyenne d’âge est très élevée chez les visiteurs médicaux, 47-48 ans. Ils étaient encore près de 2 500 en octobre 2008. Ils ne sont plus aujourd’hui que 1 860, et après ces nouvelles suppressions de postes, ils devraient n’être plus qu’environ 1 300".
Depuis l’arrivée au poste de DG du labo, de Chris Viehbacher (qui a empoché 7,1M€ en 2009), le groupe a engagé un vaste plan destiné à lui faire économiser 2Mds€ en 2013 par rapport à 2008. Ainsi Sanofi a-t-il engagé la réorganisation de sa chimie et de sa recherche en France, et annoncé aux Etats-Unis la suppression de 1 700 emplois.
Ne serions-nous pas là en présence d’un plan social « boursier » caractérisé ? Un des nombreux Zorro de notre gouvernement interviendra donc certainement très vite, ne croyez-vous pas ? Peut-être même le chef des Zorro en personne ?
André Balbo
sources : FO, CGT, Le Parisien

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