Une étude du Cerphi (Centre d’étude et de recherche sur la philanthropie) montre que les glaneurs sont de plus en plus nombreux. Les glaneurs sont aujourd’hui les gens qui ramassent de la nourriture à la fin des marchés, ou dans les poubelles, ceux qui guettent les sorties de poubelles des grandes surfaces pour récupérer les produits dont les dates de péremption commencent à poser problème…
Ouvrez les yeux, ils sont partout. Le glanage est aujourd’hui une réalité urbaine incontestable.
L’enquête du Cerphi a été réalisée à Paris en 2009 auprès d’une soixantaine de glaneurs opérant aussi bien à la sortie des supermarchés que sur les marchés, et leur profil est extrêmement varié. Homme ou femme, avec ou sans enfants, chômeur ou en contrat précaire, allocataires du RSA ou non, bénéficiaire d’une aide alimentaire ou non, il est impossible de dresser du glaneur un portrait-robot. Son âge varie de 16 à… 83 ans et la seule certitude est que ces gens « vivent dans la précarité et dans une grande solitude », souligne Chris Olivier, la directrice du Cerphi.
Ils sont très nombreux et il est pourtant impossible de quantifier le phénomène… même s’il est évident que l’on perçoit « une augmentation sensible et régulière du nombre de glaneurs ».
Parfois leur affluence est telle qu’elle finit par « provoquer chez les commerçants des craintes de tapages et de désordres ». Pour cette raison, certains gérants de supermarchés ne font sortir les poubelles qu’au passage du camion de ramassage, rendant donc le glanage impossible… tandis que d’autres font lacérer les barquettes de charcuterie au cutter pour les rendre impropres à la consommation.
Voir l’excellent documentaire d’Agnès Varda « Les Glaneurs et la glaneuse », qui retrace un bref historique du glanage, du temps où la société prévoyait encore des marges dans ces textes, d’ultimes « chances » pour ses éléments les plus faibles…
Si habile à créer injustices, inégalités et rejets, notre société serait encore tout à fait capable de surprendre et de scandaliser Zola lui-même, avec ses bandes d’enfants laissés des nuits entières livrés à eux-mêmes en plein centre ville, et l’impression d’une misère têtue, qui se répand, toujours plus largement...
André Balbo
Sources : Cerphi, Le Parisien

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