On écoute Thomas Pradeau comme on sort de ses cartons une vieille chanson de Sheller. Il suffit de quelques notes pour être immédiatement transporté dans un autre univers, le sien. Les mélodies sont riches, la voix est douce, les mots choisis... Thomas Pradeau ne s’entend pas, il s’écoute, se déguste.
A tous ceux qui consomment la très bonne variété française au casque, pas en musique de fond (et nous vous savons nombreux), cet auteur-compositeur-interprète de 25 ans est sans doute la perle rare que vous attendiez !
C’est un combat, pour de vraies parties instrumentales, avec des surprises, déclare le chanteur. Son album A deux pas de ma rue est garanti sans programmation, à peine un soupçon de guitare électrique. Mais avec des pianos amples dont on devine qu’ils ont servi de berceau aux mélodies durant leur gestation, des cordes tout en finesse, des accordéons canaille, des guitares en bois aux sons organiques, des percussions savantes mais toujours modestes, l’album convoque la mémoire d’une chanson française AOC. On pense à Brel, au Gainsbourg du Milord L’Arsouille, à cette chanson raffinée qui se concevait avec de vrais arrangements, au temps des Colombier et Goraguer...
Les plus observateurs y trouveront d’infimes traces de Queen, ou d’Higelin, autre maître qui a accompagné toute la croissance de Thomas Pradeau. Les autres seront quoi qu’il en soit emportés par ces chansons un peu cyniques parfois, qui naissent souvent de jeux sur les mots et leur sonorité, comme une pâte qu’on pétrit, et surtout par cette générosité musicale.
En prélude à cet album intime et chaleureux, le single On nous dit dévoile un univers nostalgique, un rien désabusé, comme une valse lente qui fait tourbillonner les sens et s’interroger les étoiles.
Sortie le 22 novembre 2010.
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