Le romancier, conteur et journaliste Amin Maalouf, 62 ans, a été élu à l’Académie française le 23 juin par 17 voix sur 24 suffrages exprimés, dès le 1er tour de scrutin.
C’est la première fois qu’un écrivain libanais entre ainsi sous la coupole. Bien que pudique, il reconnaît que : « Quand vous êtes un écrivain de langue française, l’Académie française, c’est la référence absolue, le lieu emblématique, dont on rêve depuis l’enfance ».
Il succède avec bonheur au siège de l’ethnologue et anthropologue Claude Lévi-Strauss, dont il admirait l’oeuvre.
Amin Maalouf est un écrivain assez inclassable dans la mesure où son œuvre porte les influences fouillées et multiples des étapes de son nomadisme dont le Liban, l’Egypte, et la France, où il s’installe en 1976.
L’écrivain a toujours eu le sentiment d’être dans sa propre vie un étranger, et le plus souvent un minoritaire, lui qui fut chrétien en pays arabe et Arabe en Occident.
C’est ce thème qui habitera son premier livre « Les Croisades vues par les Arabes » (Lattès, 1983). « Léon l’Africain » sera en 1986 un succès de librairie qui lui fera embrasser la carrière d’écrivain.
Vinrent ensuite « Samarcande », puis en 1993 le Goncourt avec « Le Rocher de Tanios », qu’il publie chez Grasset. D’autres œuvres suivront, dont « Les Identités meurtrières », « Origines », traitant de sujets d’actualité revisités à la lumière de son passé : « Je me suis toujours senti dépositaire de la mémoire des miens, mais je ne pouvais pas écrire tant que mon père et ma grand-mère étaient en vie », avait-il confié au Monde en 2004.
Écrivain engagé dans son siècle, il fut l’un des signataires du manifeste pour la littérature-monde en français, ce qui ne fut guère apprécié à l’époque de l’Académie française...
Pour Bertrand Delanoë, Amin Maalouf écrit « dans une langue extraordinairement vive et originale (…) Et il a parfaitement exprimé l’importance des racines et la richesse des héritages spirituels mêlés ».
« Amin Maalouf est enfin un grand Parisien, qui a sa part à la vitalité et à l’identité de notre Ville. J’ai eu l’honneur de signer avec lui le 12 janvier (2011) la convention faisant de Paris une ville refuge pour les écrivains persécutés ».
Dans un entretien au Figaro, en 2004, Amine Maalouf disait : « Celui qui vient d’une autre société doit commencer par assimiler ce qui existe déjà : l’histoire, la langue, les symboles de reconnaissance, le mode d’existence, les valeurs essentielles telles que la laïcité, ensuite seulement il a le droit et même, dirais-je, le devoir d’apporter sa contribution, d’imprimer sa marque. »
André Balbo
sources : Amin Maalouf, Le Monde, La Ville de Paris, Le Figaro

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