Le montant mensuel de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) que perçoivent près de 900 000 personnes, est rétroactivement relevé à compter du 1er avril 2011 de 711,95 à 727,61€ (+2,2%).
Il sera porté à 743,62€ (2,2%) à compter du 1er septembre, selon un décret publié le 12 juin au Journal officiel.
À l’occasion de la deuxième conférence du handicap, qui se tenait à Paris le 8 juin 2011, le quotidien Libération est revenu dans un article « Désintox » sur les déclarations faites sur Europe1 sur le sujet par Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la cohésion sociale. Celle-ci avait vanté le bilan du chef de l’État en matière de handicap : « Il faut savoir (…) que des avancées considérables ont été notées, en particulier pour l’AAH qui a augmenté de 25% pendant son quinquennat ou la scolarisation des enfants handicapés. Il y en avait 130 000 en milieu ordinaire, il y en a maintenant plus de 210 000. Et l’augmentation des auxiliaires de vie scolaire qui a vu son chiffre multiplié par deux. »
Concernant l’accueil des enfants en situation de handicap en milieu ordinaire (c’est-à-dire scolaires de l’Éducation nationale), le chiffre en début de quinquennat serait plutôt de 160 000, et de 201 388 au dernier décompte. Ce qui marque un progrès certain mais dans des proportions bien moindres que celles indiquées par la ministre (le +61,5% dit devient +25,9%).
Concernant la multiplication par deux du nombre des auxiliaires de vie scolaire (AVS), ils seraient passés de 14 408 en 2007 à 23 261 en 2010 (le +100% dit devient +61%). Ces chiffres sont tirés du récent rapport du sénateur Paul Blanc sur la scolarisation des enfants handicapés. Et par ailleurs cette croissance s’expliquerait par l’explosion des contrats aidés, moins qualifiés et plus précaires que les AVS, qui eux ne seraient passés que de 9 094 à 11 661 dans ce laps de temps.
Dans son rapport Paul Blanc déplore cette part croissante des emplois aidés dont la durée très limitée (six mois ou un an) « ne permet pas une réelle continuité de l’accompagnement » et « empêche les intéressés de capitaliser sur leur expérience ». De plus ils ne disposent pas « d’une formation obligatoire comme les AVS ».
À l’issue de cette deuxième conférence sur le handicap, dont le thème était "pour une société inclusive pour tous et à tous les âges de la vie", Nicolas Sarkozy s’est engagé à recruter pour la rentrée 2011 des auxiliaires de scolarisation qualifiés, et de remplacer progressivement, dès 2012, tous les contrats aidés par des personnels mieux formés.
André Balbo
sources : Libération, Le Parisien, Europe 1, Rapport du sénateur Paul Blanc

envoyer par mail
Imprimer la page