Revue de presse sur Paris 
12 février 2010

Autocensure aux Beaux-Arts pour ne pas froisser le président !

 



envoyer l'article par mail envoyer par mail
Version imprimable de cet article Imprimer la page

Le slogan « Travailler plus pour gagner plus » avait inspiré Ko Siu Lan, une artiste chinoise. Elle a réalisé une installation sur ce thème dans le cadre d’une exposition aux Beaux-Arts de Paris. Son oeuvre se composait de 2 fois deux bannières noires, un groupe permettant de lire sur une façade du bâtiment « gagner » « plus », et l’autre, sur une autre façade « travailler » « moins ».

L’Ecole a décroché l’installation, après quelques heures. Ko Siu Lan en a été avertie par un courriel de la commissaire de l’exposition, Clare Carolin, du Royal College of Art,de Londres.

Celle-ci explique avoir été convoquée à une réunion avec Henry-Claude Cousseau, le directeur des Beaux-Arts et d’autres membres de la direction. « Henry-Claude m’a dit que ton travail était trop explosif pour rester in situ et que certains membres de l’école et des personnes du ministère de l’Education s’en offusquaient déjà », écrit Clare Carolin à l’artiste. « Il m’a dit aussi que le moment était délicat car l’école est en train de renouveler sa convention de financement avec le ministère », a-t-elle ajouté.

« J’ai répondu (...) qu’enlever ou changer de place cette oeuvre constituerait un acte de censure et que je n’étais pas prête à accepter que mon exposition soit censurée », poursuit Clare Carolin. « Quand je suis sortie de réunion, l’oeuvre avait déjà été enlevée », ajoute la commissaire.

L’artiste chinoise se dit choquée par cette décision et ce procédé. « C’est une censure très brutale, sans discussion », déclare-t-elle.

L’Ecole des Beaux-Arts assure dans un communiqué que l’artiste avait accroché son oeuvre à l’extérieur « sans que la direction de l’établissement en soit informée ».

Agée de 32 ans, Ko Siu Lan a étudié plusieurs années en France avant de retourner en Chine. Elle participe à l’exposition intitulée « Seven Day Week End de sept jours », qui présente à partir de samedi les oeuvres d’étudiants du programme de recherche « La Seine » associant trois écoles. L’Ecole des Beaux-Arts a proposé que sa création controversée soit présentée dans l’une des salles dédiées à l’exposition.

André Balbo

Source : Le Parisien


derniere modification: vendredi 12 février 2010, par André Balbo