Il s’agit d’une exposition historique et sélective sur l’histoire de la mode contemporaine, en deux volets. Jusqu’en octobre, les décennies 70 et 80, puis viendront par la suite les années 90 et 2000.
Près de 150 pièces et 40 vidéos retracent cette histoire parfois oubliée. Deux défilés, deux dates clés ouvrent et ferment ce premier volet : la collection d’Yves Saint Laurent de 1971 et le défilé « les rap-pieuses » de Jean Paul Gaultier en 1990. Soit 20 ans de collections pour retenir les modèles les plus emblématiques.
Cette histoire idéale, analytique et synthétique de la mode contemporaine révèle les collections les plus magistrales ou expérimentales, des grands noms, mais aussi certains créateurs plus intimes et secrets.
Yves Saint Laurent est la grande figure tutélaire des années 70. Sa collection 1971, hommage aux années 1940, fut à la fois scandaleuse et révolutionnaire. Des nouveaux stylistes se réunissent alors sous l’appellation « Créateurs et Industriels » de Didier Grumbach et Andrée Putman. Issey Miyake insufflera un vent de modernité et de simplification. Cacharel, Kenzo, Ter et Bantine par Chantal Thomass ou encore Dorothée Bis, expriment ce vaste élan. D’autres créateurs, comme Sonia Rykiel, ou Karl Lagerfeld pour Chloé, sont alors à leur sommet, et posent une femme sophistiquée, élégante, et d’allure nonchalante.
De leur côté Chantal Thomass, Dorothée Bis et Kenzo deviennent les créateurs de mode jeune aux antipodes des anciens principes de la haute couture, et Thierry Mugler anticipera le portrait du créateur démiurge et visionnaire des années 1980.
Les années 1980 se caractérisent par une liberté de ton, d’expression et d’excès, empreinte d’une créativité renouvelée. Une génération de créateurs japonais s’est démarquée par l’usage de l’asymétrie de tissus froncés, déchiquetés et souvent noirs. Les collections de Rei Kawakubo pour Comme des Garçons sont des ruptures stylistiques d’une saisissante modernité qui engagent l’Occident vers un nouveau rapport au vêtement.
Yohji Yamamoto partage ce goût pour la déconstruction en formulant une vision sensuelle de la mode qui trouve son apothéose dans les années 1990. Jean Paul Gaultier enfin symbolise l’ère de l’insolence en contestant les conservatismes. Son travail consiste à démolir les vestiaires masculins et féminins.
Musées des Arts décoratifs, Mode et Textile, et Publicité Du mardi au dimanche de 11 à 18h, le jeudi nocturne jusqu’à 21h, fermé le lundi. 9 et 7,5€
André Balbo
Source : Les Arts-Déco

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