Selon un sondage réalisé par CSA pour le Parisien, 56% des Français jugeraient l’affaire « grave », mais bizarrement 42% ne voudraient pourtant pas que le ministre du Travail, mis en cause dans ce dossier d’évasion fiscale de la femme la plus riche de France, démissionne. En fait l’écart est minime, 37% souhaitent déjà son départ, et au train auquel vont les choses, en donnant un peu de temps au temps…
Pour Jean-Daniel Lévy, directeur de CSA Opinion, c’est « Un pourcentage faible quand on songe que l’opinion entend ou lit chaque jour des révélations sur Eric Woerth, sur sa femme ou sur Madame Bettencourt ».
Décelant une similitude, il établit un parallèle entre le cas de Eric Woerth et celui de Dominique de Villepin, Premier ministre à l’époque confronté aux premières révélations sur l’affaire Clearstream (mais où Jean-Daniel Lévy va-t-il chercher tout ça ?).
Selon un sondage CSA de mai 2006, les Français avaient jugé l’affaire grave (43%, contre 20% pas grave), mais ne voulaient pas sa démission de Matignon (47%, contre 37% qui souhaitaient son départ).
Et le directeur de CSA Opinion de conclure : « Dans les deux cas, on fait la différence entre une affaire, qui est grave mais relève du fait divers ou médiatique, et la manière dont le ministre doit mener son action ». Le fait que la justice ne soit pas (encore) intervenue dans ce dossier expliquerait aussi (en partie) que les Français, pour l’heure, ne la jugeraient pas grave au point de devoir entraîner une démission.
Enfin ce sondage révèle aussi un fort clivage entre sympathisants de gauche et de droite, les premiers jugeant à 72% l’affaire grave, alors que les seconds estimeraient à 53% le contraire.
Pour conclure, 55% des sympathisants de gauche souhaiteraient la démission de Woerth, alors qu’ils ne seraient à droite que 15%.
À croire que l’Élysée suivrait de près l’opinion sur cette question, au point d’y trouver l’inspiration de sa posture.
Maintenant évidemment, en cas de rebondissements et de nouvelles révélations, l’opinion pourra évoluer…
André Balbo
Source : Le Parisien

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