Combien étaient-ils vraiment, dimanche 20 juin, ces manifestants « chinois » dimanche, mobilisés contre les violences ? 8 500 comme l’a dit la préfecture de police, ou vraiment 20 000 comme l’ont revendiqué les organisateurs ? C’était en tout cas très impressionnant.
Dans les Xe, XIe, XIXe et XXe qui jouxtent Belleville, cet événement spectaculaire a marqué les esprits des riverains d’autant plus fortement que cette communauté est réputée pour son exceptionnelle discrétion.
En fin de rassemblement, il y eut entre de jeunes Chinois et des jeunes de cités voisines quelques heurts, partis dit-on du vol d’un sac à main, et les organisateurs ont regretté « que la police n’ait pas empêché ces affrontements ». 5 jeunes Chinois devraient être déférés ou convoqués devant un tribunal à la suite de ces incidents.
Certains habitants de Belleville, eux aussi préoccupés par l’insécurité, ont jugé dommage de ne pas être conviés à cette manifestation…qu’ils ont jugée trop communautariste.
Deux risques principaux apparaissent à la faveur d’un tel événement. Que des communautés deviennent durablement antagonistes, dans ce quartier comme dans d’autres, et que des citoyens, jugeant la police trop inefficace sur le sujet, ne soient tentés d’organiser leur propre protection, avec toutes les dérives que l’on peut redouter.
Bien conscients de ces dangers, les élus locaux vont tenter de ne pas laisser la situation s’envenimer. Pour Frédérique Calandra, la maire (PS) du XXe : « La démarche des Chinois est une première. Il faut en tenir compte. Avec mes collègues du Xe, du XIe et du XIXe, nous nous sommes mis d’accord pour créer un comité de pilotage sur cette question. »
La façon dont ce quartier, ses élus et sa police se positionneront sur les moyens de lutter contre la montée des violences sera certainement observée à la loupe par l’ensemble des élus de Paris, le préfet Michel Gaudin reconnaissant récemment, selon le Parisien, que les représentants des arrondissements de Paris ne lui parlent plus que de violence et de trafics de drogue.
André Balbo
Source : Le Parisien

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