Bertrand Delanoë : le projet des voies sur berges ? Une occasion de bonheur pour Paris !

par André Balbo, 6 mai 2011

La reconquête des voies sur berges de Paris deviendra-t-elle l’une des grandes réalisations de Bertrand Delanoë ? En tous cas nous sommes entrés depuis hier dans la première phase, peut-être un peu précipitée, celle de la révélation au public.

Elle sera suivie d’une période de concertation et de recueil d’avis, notamment de ceux de la population, et la suite dépendra aussi certainement beaucoup, au-delà de la présentation au Conseil de Paris et de ses aléas politiques, de la résolution des grandes questions qui ne pourront être traitées sans ces principaux partenaires : Préfecture de Police, Ports de Paris et Bâtiments de France.

Si le projet ne rencontrait pas d’obstacles majeurs, la réalisation pourrait être d’autant plus rapide que bon nombre d’interventions prévues resteraient superficielles et légères. On parle d’un délai d’à peine deux années pleines…

Le Maire aurait été accusé par des esprits mesquins de se verdir à bon compte avec un tel projet… mais vous savez comment sont les gens… On voit déjà les Guignols de l’info affûter leurs flèches et en tremper la pointe dans de vieux curares datés de la création de « Paris Plages ».

Plus sérieusement, il s’agit de fermer à la circulation automobile plus de 2 km de voies sur berge rive gauche, et de réduire rive droite la circulation, en rendant en partie ces quais aux piétons, cyclistes, etc.

Au cours de la présentation du projet, mercredi, Bertrand Delanoë, dans une légère lévitation enthousiaste, déclara : « Si nous réussissons cette ambition-là, je pense que Paris changera profondément. (…) Il s’agit (aussi) une fois de plus de faire baisser la pollution et la circulation automobiles ».

Le trafic sur la rive droite serait actuellement de 40 000 véhicules/jour, avec des pointes de 4 000 voitures/heure. Sur la rive gauche, il serait moindre : 2 000/heure.

« Sur la rive droite, nous ne supprimons pas de file de circulation, mais nous recomposons totalement le boulevard urbain », a précisé le maire. La vitesse autorisée sera réduite, ce qui ferait basculer une partie de la circulation traversante, selon les simulations, vers les périphériques. De façon mesurée. 150 véhicules/heure par sens.

Le projet des voies sur berges concerne 15 hectares de bords de Seine, « dont 4,5 seront totalement rendus aux usages sans voiture ».

L’Atelier parisien d’Urbanisme (Apur), bureau d’études de la ville, a dévoilé mercredi ce que seraient ces espaces. Une nouvelle promenade serait créée au bord de l’eau, par exemple, du bassin de l’Arsenal à l’Hôtel de ville, avec des espaces réservés à des activités sportives, un café flottant.

La mairie et ses concepteurs ont imaginé aussi rive gauche, « où la révolution sera plus forte », d’emblématiques aménagements : promenade en bord d’eau, de la tour Eiffel au musée d’Orsay, doublée de barges à thème (marché aux fleurs, jardin botanique).

Le coût de ce projet est estimé à 40 M€, avec une dépense de fonctionnement de 2 M€/an.

Il sera présenté au Conseil de Paris en juin.

Il n’y aura aucune honte pour la Ville de Paris à reconnaître bientôt que le projet présenté a su heureusement s’enrichir des grandes réussites d’aménagements de bords d’eau d’autres grandes villes françaises, comme Nantes, Strasbourg ou Lyon, pour ne citer qu’elles.

Dans son état actuel, le projet des voies sur berges de Bertrand Delanoë peut encore être enrichi. Il est encore éminemment amendable. Mais il est vrai que l’on peut se prendre à rêver qu’un incendie de brousse pousse bientôt cette ambition au bonheur vers les autres villes de la Région qui ont la chance de bénéficier de berges.

En admettant toutefois, en toute modestie, même si cela nous est parfois bien difficile, que certaines de ces autres villes de la Région ont déjà pris sur la capitale, en la matière, une belle avance…

Un projet passionnant ? Oui. Précurseur ? Encore insuffisamment. Fédérateur ? Peut-être, si l’on peut répondre oui à la deuxième question…

André Balbo

Sources : Mairie de Paris, Libération

Voir aussi : Revue de presse Paris et Ile-de-France ...


10 commentaires

  • Bertrand Delanoë : le projet des voies sur berges ? Une occasion de bonheur pour Paris !
    16 avril 2010 11:22, par hérisson

    Bravo Monsieur le Maire ! Quel progrès. Redécouvrons Paris au temps du début du siècle dernier !

    A quand les tramways tirés par les chevaux et la distribution de la glace.idem !

    Je voudrais bien savoir si on peut vraiment arrêter l’évolution de cette course folle que l’on subit actuellement dans tous les domaines, à commencer par nos aéroports où des centaines d’avions par jour viennent polluer eux aussi l’atmosphère, mais cela on ne peut pas y toucher, c’est plus facile de s’en prendre aux usagers de voitures !!! A quand la voiture propre qui ne sera plus " dénigrée " ???

    Répondre

    • Réponse : 16 avril 2010 14:46, par CUICUI

      Je suis bien certain qu’il a pensé aux voitures à Pédales, mais il y aurait encore des mauvaises langues comme Stéphane Guillon qui feraient des commentaires.

  • Bertrand Delanoë : le projet des voies sur berges ? Une occasion de bonheur pour Paris !
    16 avril 2010 10:43, par marieanne

    je pense qu’il faudrait imaginer que dans ce PARADIS, la circulation des voitures

    coincées dans des embouteillages monstres pendant des heures !!!!!!!!!!!!!

    a moins de ne plus travailler , ni livrer dans Paris !!!!!!!!!!!!!!!

    SEPTIQUE §§§§§§§§§§§§§

    UTOPIQUE !!!!!!!!!!

    Répondre

    • Réponse : 16 avril 2010 12:20

      Il n’y a qu’à observer le visage des usagers des transports en commun parisiens (les habitants du grand Paris) pour comprendre que ce paradis alourdira encore le poids de leur enfer ... comme de celui des riverains du périf sur lequel va semble-t-il se reporter le trafic. Ces considérations entrent-elles dans l’arbitrage de nos élus ?

      • Réponse : 19 avril 2010 06:50, par Juan Mari (Parisien depuis 1961)

        Pour limiter les voitures en surface, il faut développer des transports en commun plus modernes, plus accueillants et en plus grands nombres.Ceux qui ont décidés un jour d’abandonner la "bagnole" au bénéfice des transports en commun, n’ont jamais regretté leur choix (mis à part les imbéciles qui considèrent comme un privilège de rouler en voiture, de polluer la terre entière tout en méprisant leurs semblables au nom du sacrosainte liberté !

        Si vous ne voulez pas être en retard à un rendez-vous professionnel, prenez les transports en commun ! Diminution du stress assurée et révision du dossier avant la réunion en toute tranquillité....

        • Réponse : 23 avril 2010 12:33, par davidice

          Et comment font les imbéciles qui n’ont pas d’autres moyens ?

          Par ailleurs, pour les transport en commun, j’ai testé (en condition normale de circulation) :
          métro + RER + bus = entre 1h et 1h15 (et plus de la moitié debout)
          voiture = entre 28 et 45min (et je compte même le temps de parking)

          C’est clair que vouloir gagner 1h par jour, c’est de l’égoïsme...

  • Bertrand Delanoë : le projet des voies sur berges ? Une occasion de bonheur pour Paris !
    16 avril 2010 10:38

    Une aberration : on peut se demander si nos arrogants édiles empêtres d’intellectualisme ont déjà pratique les abords du musée d’Orsay et circule le dimanche au- dessus des berges : impossible de circuler, il faut se déporter vers Montpagnasse et bonjour les gaz d’ echappement des voitures à touche touche. Et, le dimanche les flux sont bien moindres qu’en semaine. Cet article est une ode a Delanoe : a quand un peu plus de professionnalisme avec débat contradictoire de la part de vos journalistes ?

    Répondre

  • Bertrand Delanoë : le projet des voies sur berges ? Une occasion de bonheur pour Paris !
    16 avril 2010 08:50, par marie-Françoise

    Magnifique ! Nous allons vers la même solution que Londres : faire payer les voitures qui rentrent dans Paris.

    Répondre

    • Réponse : 16 avril 2010 09:35, par Sonia

      Enfin ! Une merveille !

      • Réponse : 17 avril 2010 12:03

        bien sur c’est une merveille !
        les projets ecologiques qui coutent une fortune sont denigres parce que chers. Ceux qui ne le sont, sont denigres aussi, parce que....le francais est fondamentalement critique, mais comme chacun sait "la critique est facile, l’art est difficile ".
        Sachons un peu s’elever au dela des contingences materielles pour de temps a autres devenir createur d’avenir..et .des artistes !!!

Publiez votre avis, commentaire ou question


  • Important : N'oubliez pas de modifier le titre par défaut, c'est votre titre qui sera mis en avant sur le site ...
Qui êtes-vous ?

Dernière modification : jeudi 6 mai 2011, par André Balbo, photographe © JC Choblet / APUR
Et comment font les imbéciles qui n’ont pas d’autres moyens ? Par ailleurs, pour les transport en commun, j’ai testé (en condition normale (...)
Pour limiter les voitures en surface, il faut développer des transports en commun plus modernes, plus accueillants et en plus grands (...)
bien sur c’est une merveille ! les projets ecologiques qui coutent une fortune sont denigres parce que chers. Ceux qui ne le sont, sont (...)
Inscrivez-vous ici pour recevoir gratuitement notre lettre d'information sur Paris.