Airparif est l’organisme chargé de mesurer la qualité de l’air dans la capitale et plus largement en Ile-de-France. Bizarrement, pour ce qui concerne Paris, les stations de prélèvement, de 3 types, sont majoritairement dans l’Ouest parisien, alors que tout Parisien sait pertinemment que c’est dans l’Est qu’on circule le moins bien. Il serait bon de faire évoluer cette situation.
L’Europe vient de menacer la France d’une amende conséquente car elle a constaté que nous ne faisions pas suffisamment d’efforts pour que la qualité de notre air s’améliore… Et Paris ?
Bien que les conditions météorologiques aient été favorables, il y a eu autant de pics de pollution en 2010 que d’habitude. Le niveau de dioxyde d’azote (NO2) offert à nos narines et à nos alvéoles pulmonaires reste deux fois supérieur à la réglementation et ne baisse pas. 90% des Parisiens et de ceux qui visitent Paris sont ainsi exposés à des concentrations « hors limites ». Pour Karine Léger, directrice adjointe d’Airparif : « cela s’explique par l’intensité de la circulation, mais aussi par la densité des activités économiques et humaines dans la capitale ». Une telle explication qui s’arrête au constat ne peut être qu’insatisfaisante. Ne peut-on donc rien faire ?
Le taux des particules fines (PM10 –de diamètre inférieur à 10 microns-, et de PM2,5 –inférieur à 2,5-), émises entre autres par les véhicules diesel depuis si longtemps mis en avant par nos constructeurs et notre culture française, continue d’être si élevé que la France est sous la menace de l’Union européenne et risque le tribunal pour non-respect de la réglementation et non-assistance à population en danger. La station de mesures du périphérique porte d’Auteuil (XVIe) montre que le taux limite, qui ne devrait pas atteindre 35 jours par an (législation européenne), a dépassé 156 jours en 2010.
Le niveau d’ozone reste fort, tandis que le taux de benzène, produit majoritairement par les voitures à essence, se serait stabilisé après une longue période de baisse.
Airparif doit continuer d’ausculter, notamment avec l’aide de sa nouvelle station de mesures ouverte en février 2011, place de l’Opéra (IXe). Une fois encore, vous le remarquerez, dans l’Ouest de Paris…
Et l’air de Paris continuera ainsi d’être tristement ce qu’il est : un peu tout et n’importe quoi, jusqu’à ce que des dispositions radicales soient enfin prises par l’État, la Région, ou la Ville.
Il faudra par exemple maintenant attendre que soient mises en place les bientôt célèbres ZAPA (Zones d’actions prioritaires sur l’air), dont Paris et Plaine commune feront parties… Elles pourraient être à l’origine d’un certain impact sanitaire. En attendant que celles-ci ne deviennent effectives, Paris pue au fil de l’air, roulez 4X4, diesel, et polluez jeunesse…
Pourtant, à l’automne 2011, les seuils d’information et d’alerte des épisodes de pollution seront enfin abaissés et devront forcément être accompagnées de mesures. Ces mesures seront-elles suffisantes ? Il est hélas permis d’en douter : il ne faudrait tout de même pas contrarier l’électeur, pile poil avant 2012, et cela même s’il tousse et que ses gosses crachent leurs poumons de temps à autre ! Mais même s’il ne s’agit que de demi-mesures, elles seront bonnes à prendre, car elles devraient aller dans le bon sens… vers un « respirer un peu mieux ». Inch’Allah !
D’ailleurs pourquoi une plainte pour non-assistance à personnes en danger, émanant de particuliers ou d’associations, et dirigée contre l’État, la Région ou la Ville, ne serait-elle pas recevable sur de tels sujets, dès lors que l’Europe peut juger de sa fenêtre que les efforts consentis par ces institutions pour améliorer la qualité de l’air, sur la base de ses recommandations, tardent autant et sont si largement insuffisants ?
Ce sont quand même 3,5 millions de Franciliens qui sont ainsi surexposés, et plus particulièrement 9 Parisiens sur 10.
André Balbo
sources : Airparif, Le Parisien, 20 minutes

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