Grande brasserie réputée pour son décor "1900" et pour ses fruits de mer.
Le couple Mollard arriva de Savoie à Paris en 1865, la légende dit en charrette. Ils ouvrent un bistrot devant la gare Saint-Lazare. 30 ans plus tard, fortune faite, ils entreprennent de tels travaux qu’ils en font le plus bel établissement de Paris et reçoivent une clientèle huppée, dans un quartier devenu en vogue. Rappelons que le grand couturier Paul Poiret, jeune marié à l’époque, installa sa première boutique à deux pas, rue de Rome.
Ils font alors venir d’Italie des mosaïques et demandent aux ateliers de Sarreguemines des pièces uniques qui évoquent Deauville, Saint-Germain-en-Laye, Ville-d’Avray, une « partie fine » de l’époque, et bien sûr l’Alsace et la Lorraine.
Ce fut l’architecte Niermans, auteur de l’hôtel Négresco de Nice, de l’hôtel de Paris de Montecarlo, du Moulin rouge, et d’Angelina, qui fut chargé de l’ensemble. Il y fit même personnellement des dessins de mosaïques, les modèles des chaises, des tables, des appareils lumineux, des portemanteaux, et… le meuble de la caissière !
Après la Première Guerre mondiale, l’affaire périclitait, le décor jugé démodé, et la décoration fut masquée par des peintures et de grandes glaces.
50 ans plus tard, préservé, le cadre était redevenu au goût du jour, dans tout son éclat. Aujourd’hui la brasserie Mollard a de nouveau son décor historique de 1895, ses tons vert d’eau, bleu roi, dorés, et ses mosaïques anciennes. Cadre « 1900 » unique à Paris, elle est classée aux Monuments historiques.
La cuisine de Mollard est française, traditionnelle, et parce que historiquement les trains de la gare Saint-Lazare permettaient de rejoindre la mer, s’enorgueillit d’être le top des fruits de mer, crustacés et poissons.
Une adresse, bien qu’un peu chère, pour festoyer et s’en mettre aussi plein les mirettes. Si ce décor pouvait parler, il vous raconterait certainement bien des excès de cette joie de vivre permanente et démonstrative de la Belle Époque, qui rendit Paris si inoubliable à travers le monde pour des générations et des générations.
André Balbo

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