Bertrand Delanoë, le maire PS de Paris, a annoncé à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, une baisse de 8% du prix de ce précieux liquide potable dans la capitale à partir du 1er juillet 2011.
Le même jour, étaient passés sur la chaîne Arte deux documentaires extrêmement instructifs sur ce sujet (Thema). Le premier décortiquait l’interface artificielle et financière que créaient entre l’eau et les villes les « industriels français de l’eau », en France comme à travers le monde entier, où ils sont leaders. Le second décrivait la mortelle concurrence que livre la consommation d’eau minérale en bouteilles, telle que nous la pratiquons dans nos pays développés, avec un bilan carbone catastrophique, à la simple consommation de survie, voire au basique accès à l’eau potable telles que les connaissent les pays que l’on appelait il y a peu « en voie de développement ».
Tentez de voir ces deux films courageux, d’une documentation approfondie et riche. L’un d’eux est attaqué en justice par Véolia. Allez comprendre…
Cette sourde menace, que représentent ces puissants lobbies, souligne l’importance, notamment en France, de l’expérience « collaborative », lancée par la fondation France Libertés de Danièle Mitterrand et le mensuel 60 millions de consommateurs. Elle vise à rendre ses marchés plus… transparents. Une nécessité absolue quand on sait que le prix de l’eau en France peut varier d’une commune à l’autre de 1 à 7 !
Il faut savoir également que dans les villes françaises, dont les réseaux d’eau sont gérés depuis si longtemps par ses « industriels de l’eau » que sont Véolia et Suez, le manque d’investissement et d’entretien des canalisations peut occasionner qu’un litre sur quatre seulement de l’eau débitée, et vendue, parvienne au consommateur final.
Il est donc plus que souhaitable, voire durablement nécessaire, que le mouvement entrepris actuellement de remise en régie, c’est-à-dire de service de l’eau pris directement en charge par les municipalités s’amplifie et se généralise. L’encourager devient une démarche citoyenne, responsable, et environnementale.
L’eau n’est pas une marchandise comme une autre. Vive la lutte aquatique !
À Paris, la baisse du prix de l’eau intervient à peine 18 mois après la reprise en gestion publique du service de l’eau, et permet déjà une baisse du prix, qui est une première depuis 25 années.
La facture d’eau moyenne annuelle des Parisiens étant de 300€, dont 37% pour l’eau potable (le reste compte pour les redevances et l’assainissement), le gain pour les usagers tournera « autour d’une dizaine d’euros par an », selon l’adjointe au maire chargée de l’eau, Anne Le Strat.
Le prix de l’eau potable hors abonnement et taxes passera de 1,0464 à 0,9627€ / m3.
Expérience à étendre et à multiplier…
André Balbo
sources : Arte, Libération, Ville de Paris, 60 millions de consommateurs, France Libertés, Libération

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