Café Carto : « Paris des Mirages, Paris des Illusions »
Le 26 novembre 2011 à 15h
Accès libre
Les expositions universelles, - symboles de puissance chez les Occidentaux -, vendaient du rêve, ou plutôt une réalité transformée, à grands frais. C’est le propos de cette rencontre « Paris des Mirages, Paris des Illusions ».
"Notre regard sur notre passé est marqué par ce sentiment que chaque décor s’inscrit-là où il est de manière immuable, solide, comme intemporelle. "
Paris en est un bon exemple, capitale qui jongle entre une réalité de carte postale, des contingences sociales, et une réalité humaine ; la ville nous cache les mille et un détours, restaurations, déplacements, morcellements dont elle fait les frais.
Paris est fixe dans nos têtes mais nulle part ailleurs.
Avec Christiane DEMEULENAE
Historienne, conservateur général du patrimoine aux Archives nationales
Vice-présidente de l’Association d’histoire et d’archéologie du XXe arrondissement de Paris (AHAV)
Présidente de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France
Avec Ruth FIORI
Historienne, auteur du PARIS DÉPLACÉ du XVIIIe siècle à nos jours (Éd. Parigramme, 2011)
Sa thèse sur la Construction d’une conscience patrimoniale parisienne à la fin du XIXe siècle a reçu, ex aequo, le Prix du Musée d’Orsay
Et Gilles FIORI
Photographe pour les prises de vue actuelles de l’ouvrage de sa sœur, qui nous permettent de recontextualiser ce qui a été déplacé.
« Ces expositions ont profondément marqué l’histoire du monde occidental au 19e siècle [...]. D’abord nationales, elles deviennent internationales en 1851, puis universelles à partir de 1855, quand elles ouvrent leur programme aux beaux-arts et aux productions de l’esprit.
Dès lors, elles se succèdent selon un rythme qui va s’accélérant. Ainsi, Paris accueille cinq de ces manifestations entre 1855 et 1900 et recevra à nouveau les expositions internationales de 1925 (arts décoratifs et industriels), 1931 (exposition coloniale) et 1937 (arts et techniques dans la vie moderne). »
(Extrait de l’ouvrage Exotiques expositions… Les expositions universelles et les cultures extra-eutropéennes, France, 1855-1937, sous la direction de Christiane Demeulenaere-Douyère, Paris, Somogy Éditions d’Art, Archives nationales. 2010) .
« L’INVENTION DU MONDE »
Avec Christian GRATALOUP
Géographe, professeur à l’Université Paris-7-Denis Diderot, Laboratoire Géographie-Cités
Qu’est ce que la représentation du monde au XIXe siècle ?
Le planisphère du XIX e siècle, découpage occidental du monde qui forge les consciences de l’époque et pour une fois s’expose à des yeux différents.
« L’enjeu idéologique premier des représentations continentales est sans doute l’individualisation de l’Europe. Cette aire civilisationnelle est soumise, au XVIe siècle, à un double mouvement d’autonomisation et de fractionnement. Par les premières formes de colonisation modernes, les Européens sont confrontés à des altérités nouvelles qui confortent leur propre identité. Mais simultanément, leur propre continent se fragmente. »
(Christian Grataloup – L’invention des continents. Éd. Larousse, 2009).

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