Dimanche soir, le 64e Festival du film de Cannes sera terminé. Selon les observateurs, il restera comme un grand cru, l’un des meilleurs qualitativement parlant depuis bien des années. Avec un tel degré de satisfaction, les attentes seront énormes concernant la Palme d’Or, chacun ayant un favori. En attendant la cérémonie de clôture, voici les dernières infos de ces derniers jours sur la Croisette.
Les premiers prix ont été décernés : Dans les compétitions en marge du Festival de Cannes, plusieurs prix ont déjà été décernés. Take Shelter de Jeff Nichols a remporté le grand prix de la Semaine de la Critique, Les Géants de Bouli Lanners s’est adjugé le premier prix de la Qunzaine des Réalisateurs et Breathing de Karl Marcovics celui du Label Cinemas Europa. Dans la sélection Un Certain Regard, jugé cette année par Emir Kusturica, ce sont deux films qui ont été récompensés, Arirang de Kim Ki-Duk et Stopped on Track d’Andreas Dresen. Elena d’Andrey Zvyagintsev a remporté le prix spécial du jury et Mohammad Rasoulof a été célébré comme le meilleur réalisateur pour Au Revoir. Skoonheid de Oliver Hermanus a glané la Palme Queer. Enfin, le Prix œcuménique a été décerné à This Must be the Place, le premier film en langue anglaise de Paolo Sorrentino avec Sean Penn.
Sean Penn fait de la peine : S’il fait de la peine, ce n’est pas parce que les deux films, The Tree of Life et This Must be the Place, dans lesquels il est engagé et qui sont en compétition pour la Palme d’Or sont parmi les plus diversement accueillis, mais à cause de son maquillage très Cure dans le film de Sorrentino. Il y interprète un rocker de 50 ans en pleine déprime qui part aux Etats-Unis accomplir les dernières volontés de son père. Avec son look pré-gothique, perruque noire et maquillage outrancier, Sean Penn a donné le cafard à plus d’un festivalier.
Lars von Trier, rebelle maladroit : La polémique du festival est née des réflexions en conférence de presse du réalisateur le plus polémique, Lars Von Trier. Banni du Palais des festivals suite à ses propos limites, affirmant qu’il sympathisait avec Hitler et se qualifiant lui-même de nazi, le réalisateur de Melancholia, toujours en compétition, mais évidemment sans grand espoir, a donné ses sentiments à The Hollywood Reporter. S’il commence par s’excuser pour ses propos, affirmant qu’il n’est pas Mel Gibson, et expliquant qu’il s’est retrouvé lui-même embarrassé par ses propres mots, il poursuit en disant que ce bannissement de Cannes pourrait être une bonne chose pour lui qui "aime les obstacles". "Si Hitler faisait un grand film, Cannes devrait le sélectionner" dit-il également. Voilà qui n’éteindra pas la polémique.
On sait enfin que fait la Polisse : Et la réponse est qu’elle va poursuivre sa route pavée de succès outre-Atlantique. Les droits du film de Maïwenn Le Besco, qui est déjà célébré comme l’un des meilleurs du festival, ont en effet été achetés par Sundance Selects pour une distribution aux USA.
La Conquête ne fait que commencer : Le film de Xavier Durringer sur l’ascension au pouvoir de Nicolas Sarkozy n’est pas en compétition, mais sa présentation pendant le festival a fait tourner plus d’une tête. Son avenir semble radieux, puisque le site Deadline.com affirme que Music Box Films en a racheté les droits pour une distribution aux Etats-Unis.
Les Bien aimés , du pur Honoré : Le dernier film projeté officiellement au festival était celui de Christophe Honoré, Les Bien-Aimés. Cette histoire de deux parcours amoureux, celui d’une mère, prostituée à mi-temps et de sa fille, se déroule sur deux époque et a suscité des réactions unanimes. Drôle et émouvant, porté par la voix de ses acteurs principaux, Catherine Deneuve, Milos Forman, Chiara Mastroianni, Ludivine Sagnier, Michel Delpech et Louis Garrel, qui chantent des compositions originales d’Alex Beaupain, Les Bien-Aimés a d’ores-et-déjà remporté l’affection des festivaliers.
La cérémonie de clôture du festival aura lieu ce dimanche à partir de 19h.

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