L’Autorité de la Concurrence a fait mener une enquête sectorielle sur le marché de la distribution alimentaire. Et celle-ci a révélé que les groupes Casino et Carrefour s’en partageaient une très grosse part.
Casino seul, grâce à ses différentes enseignes (dont Casino, Monoprix, Monop’, Leader Price, Franprix, etc) détiendrait « plus de 60% de ce marché », et Carrefour, qui vient en deuxième position, moins de 20%.
De son côté, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait fait travailler l’Atelier Parisien d’Urbanisme (l’APUR) sur le même sujet, découvrant notamment que « Sur 22% du territoire parisien, les magasins du groupe Casino ne subissent pas la concurrence des autres groupes ». La Ville de Paris observe donc, à partir de ces différents éléments, que « cette forte position pourrait peser sur la diversité de l’offre proposée aux consommateurs et pousser les prix à la hausse ».
En conséquence, Bertrand Delanoë a proposé au Conseil de Paris que l’Autorité de la Concurrence soit saisie afin qu’elle « examine la situation concurrentielle du marché » de la distribution alimentaire dans la capitale, et qu’elle soit en mesure de proposer « toute mesure utile au renforcement de la concurrence ».
Il est tout à fait de la compétence de l’Autorité de la concurrence d’enquêter plus en détail sur la situation concurrentielle de ce marché, de vérifier l’impact sur les prix pratiqués qu’engendre une telle situation, et de proposer l’ensemble des mesures jugées utiles au rétablissement d’une situation plus équilibrée et au renforcement de la concurrence.
Casino n’a pas souhaité commenter auprès de la Tribune ce nouveau risque que courraient ses enseignes. Il est vrai que l’Autorité disposerait, si elle le jugeait nécessaire après avoir établi le constat d’un abus de position dominante, de tout pouvoir dont celui, redoutable pour Casino, d’ « enjoindre la revente de magasins ».
André Balbo
sources : La Tribune, l’APUR, Ville de Paris

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