Le réseau fragile des institutions et des associations engagées dans la création, la diffusion, le spectacle vivant, l’éducation artistique, l’action culturelle et l’éducation populaire est sur le point de s’effondrer.
Pour l’instant ce ne sont encore que des signes annonciateurs, mais notre sagacité y perçoit aisément les prémices de mouvements plus importants à Paris pour la rentrée. Le monde de la culture entre plus qu’en révolte. Il y a de la panique maintenant dans le fait de prévoir avec tant de certitudes un avenir de plus en plus famélique.
Souvenez-vous la grande mobilisation des intermittents du spectacle en 2003 ! Et bien Avignon a connu un 15 juillet très prometteur dans la même veine.
1 200 manifestants se sont réunis sur le parvis du Palais des papes, avant d’occuper le siège du festival, le cloître Saint-Louis, où il y eut débat avec quelques politiques présents, dont Claude Bartolone, Pierre Laurent et Sylvie Robert.
Pour le maintien des subventions ? On n’en est plus là. Alors que les 2/3 des financements du spectacle vivant sont assurés par les collectivités locales, celles-ci commencent de radicales coupes sombres dans les budgets culturels.
La raison ? L’augmentation, non compensée par l’État, des charges, souvent nouvelles, qui pèsent sur les collectivités locales. Et la suppression de la taxe professionnelle. Et la crise, suis-je bête.
Et c’est ainsi que, mécaniquement, des compagnies, des orchestres, des lieux de diffusion sont menacés, à très court terme, de disparaître.
Mais qui contribue au tiers restant des financements ? Et bien le ministère de la Culture… qui vient d’annoncer une baisse sensible de ses crédits pour… les trois années à venir ! Le budget au spectacle vivant alloué par l’Etat, de quelque 640M€, pourrait diminuer de 5% (certains parlent de 10%) en 2011. Et cette coupe budgétaire est assortie d’une injonction du ministère du Budget de réduction de 1,5% de la masse salariale chaque année.
Dans la soirée du 15 juillet à Avignon, le directeur de cabinet de Mitterrand (Frédéric), Pierre Hanotaux, a reçu une délégation menée notamment par François Le Pillouër, président du Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles) et directeur du Théâtre national de Bretagne (TNB) à Rennes, qui précédemment « avait interpellé le gouvernement en termes vifs ».
Et le spectacle vivant n’est pas le seul domaine de la culture à crier « Halte à la casse". Les présidents du Louvre, de Beaubourg et d’Orsay viennent d’adresser une lettre commune au ministre de la Culture dans laquelle ils s’inquiètent des décisions budgétaires prises, intenables pour leurs établissements.
André Balbo
Sources : Libération, Le Monde, SUD Culture

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