L’Hôtel des ventes a traversé des moments très agités dont nous avons rendu compte précédemment.
Le groupe est géré par Drouot Holding, entièrement détenu par la SA Commissaires Priseurs Patrimoine. 50 employés dépendent de Drouot Holding, 600 salariés sont dans les 73 sociétés de vente volontaires et études judiciaires organisant des ventes.
413M€ de ventes en 2009, et 250 au premier semestre 2010. 11,5M€ de travaux effectués cet été pour la sécurisation des objets et le confort des clients.
Il y a 4 sites sur 30 000m2, comprenant 21 salles des ventes et d’exposition :
16 sont à Drouot Richelieu
2 à Drouot Montaigne, pour le prestige,
2 à Drouot Nord pour les meubles et objets courants
1 pour les véhicules d’occasion à la Plaine-Saint-Denis.
Drouot reçoit de 5 000 à 6 000 visiteurs par jour, vend au cours de 2 000 ventes quelque 800 000 objets par an, édite 3 millions de catalogues, tire « La Gazette de Drouot » à 60 000 ex, et « Le Moniteur des ventes » à 20 000.
Jusqu’à une date récente, la corporation des Savoyards jouissait à Drouot du double monopole du transport et stockage, et de la mise en place des œuvres et des objets.
Des disparitions d’œuvres (dont celle d’un tableau de Courbet) et les scandales de vols en série fin 2009 (or, objets, œuvres) ont obligé à des modifications, dont le caractère mesuré laisse parfois perplexe.
Si, comme le dit le récent rapport demandé à 3 hauts fonctionnaires par le ministère de la Justice, il règnerait à Drouot « un conservatisme organisé », « une gouvernance minimaliste », un « dispositif statutaire fermé », des « méthodes de travail dépassées », sans compter « la baisse de la qualité de la marchandise »…
Si, comme il a été couché dans la presse, l’ensemble de la corporation dite des Savoyards s’était installée dans des pratiques si peu scrupuleuses, au point tout de même que leur association en ait été dissoute…
… pourquoi alors les mêmes personnes peuvent-elles se regrouper comme au premier jour et répondre à de nouveaux appels d’offres ? Le savoir-faire des Savoyards est-il vraiment aussi considérable que le suggérait un audit qui s’était penché sur leur travail au plan qualitatif et quantitatif ? Quelle serait la date du ou des procès ? Les jugements ne risqueront-ils pas de fragiliser davantage l’édifice si des précautions de simple bon sens n’étaient pas prises ?
Pour l’instant le nouveau Drouot n’est encore apparemment qu’en gestation. Des pistes ont été suggérées à la fin du rapport. La première préconisait de rétablir la confiance qui, comme on le sait bien, ne se décrète pas. Et il est aussi possible que la ministre de tutelle, Michèle Alliot-Marie (la Justice ayant autorité sur les commissaires-priseurs judiciaires) et le gouvernement veuillent se laisser davantage de temps pour moderniser plus profondément Drouot. Donner du temps au temps, quand il s’agit en grande partie d’antiquités, quoi de plus naturel en somme !
Mais dépêchons-nous ? Dépêchons-nous ! Le chiffre d’affaires cumulé des deux grands concurrentes Christie’s et Sotheby’s a triplé de 2003 à 2008 quand celui de Drouot ne passait que de 390 à 411M€, et accumulait chaque année un plus grand retard !
André Balbo
Source : Les Échos

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