Les relations entre le PS et les écolos semblent se tendre depuis quelque temps. Il était presque de tradition que le PS accorde aux Verts deux circonscriptions dites « gagnables ». Modestes dans leurs demandes, ces derniers ne demanderaient rien d’autre, pour les législatives de 2012, qu’une seconde circonscription pour compenser celle de Martine Billard, passée des Verts au Parti de gauche. Ce pourrait être, au choix, la 5e (Xe), la 6e (XIe et XXe) ou la 10e (XIIIe).
Aujourd’hui, Yves Cochet est l’élu de la 11e circonscription, Jacques Boutault le maire du IIe arrondissement. Point final.
Mais il se trouve tout de même que, pour les prochaines élections, l’une des postulantes n’est autre que Cécile Duflot en personne, secrétaire nationale d’EE-LV, et ce détail vient faire profondément réfléchir le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë.
Pourtant Cécile Duflot paraissait a priori faire preuve jusque-là d’une ambition raisonnable. Ne laissait-elle pas passer son tour aux primaires des écolos, et donc à la présidentielle ? N’était-il pas plus logique qu’elle trouve son siège, avaient pensé les socialistes parisiens, dans le 94, à Villeneuve-Saint-Georges où elle habite ?
Mais, selon le quotidien Le Monde, les écolos ne seraient plus tout à fait ce qu’ils étaient… Sans aller jusqu’à faire leur le culte de la personnalité, ils ne sont absolument pas rebutés d’avancer un leader de bon format à l’occasion des municipales de Paris : Cécile Duflot, étoile montante et précoce de la vie politique française, médiatisée, même célèbre, et cotée.
Pour l’heure, Cécile Duflot s’est bien gardé de dire que la mairie de Paris l’intéressait personnellement. Malgré l’enquête récente de l’Ifop publiée dans le JDD qui dévoilait, mais ce n’était qu’un sondage, que 23% des sympathisants de gauche parisiens y souhaiteraient sa victoire.
Pour les socialistes, les derniers résultats électoraux obtenus par les uns et les autres font souci. Aux élections européennes de 2009, les Verts, portés par une nouvelle dynamique et l’enthousiasme de nouveaux venus, avec 19,7% des voix, devançaient les socialistes dans la capitale, et quant aux régionales, la liste emmenée par Cécile Duflot collait bien au score des socialistes emmenés par l’actuelle première adjointe Anne Hidalgo : 21 contre 25%.
Ce serait pour de telles raisons que l’équipe de Bertrand Delanoë refuserait pour l’instant tout net la candidature de Cécile Duflot, par crainte que cela ne taquine la trajectoire d’Anne Hidalgo qu’il s’est choisi pour dauphine à la tête de la mairie de Paris.
Et les écolos eurent beau jeu de dire : « Depuis quand l’un des partis alliés choisirait-il les candidats de l’autre… »
Le Monde précise même qu’à « La Rochelle, en août, les émissaires écologistes, Jean-Vincent Placé et Stéphane Sitbon, ont croisé Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo. L’ambiance est devenue polaire. "Point de rupture", a lâché le maire de Paris. Les deux écolos n’ont pas bronché. » Véto ?
L’accord électoral global entre les deux partis devrait être bouclé en novembre… D’ici là, une sourdine est mise, surtout durant les primaires citoyennes, mais très vite, par la suite, les humeurs pourraient s’exprimer en toute liberté.
Et le combat serait d’autant plus rude que la droite pourrait mettre en avant François Fillon pour tenter de ravir la mairie de Paris…
André Balbo
sources : Le Monde, L’Express

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