Les Talibans ont diffusé sur Internet, par leur site alemarah.info, une vidéo montrant les journalistes Stéphane Taponnier et Hervé Ghesquière paraissant en bonne santé, mais fatigués. Ces derniers ont lu, en anglais puis en français, sous la contrainte, un message des Talibans menaçant de les exécuter si un échange entre les journalistes et une liste de plusieurs dizaines de détenus, transmise au gouvernement afghan, n’avait pas lieu.
La société France Télévisions a diffusé lundi cette vidéo, malgré les recommandations de discrétion du gouvernement français, et c’est à la demande de leurs familles que les identités des deux reporters, détenus maintenant depuis 104 jours, ont été révélées.
« Ce message est le dernier pour le gouvernement français et pour ma télévision, France 3. Après trois mois de captivité, les Talibans veulent absolument que leur volonté soit acceptée par les autorités françaises. (…) Le président français, M. Sarkozy, doit comprendre que nous sommes maintenant en danger de mort. Je répète, le président français doit négocier très vite, autrement nous serons bientôt exécutés », lit le journaliste, qui précise que le même sort serait réservé aux deux accompagnateurs.
France Télévisions estime agir ainsi « dans l’intérêt de la sécurité des deux journalistes de France 3 et de leurs accompagnateurs ». Si France 2 et France 3 ont diffusé dans leurs journaux du soir ces images dimanche, les deux chaînes ont toutefois masqué les visages, afin, dit la direction de France Télévisions, « de respecter la dignité » des reporters.
Stéphane Taponnier et Hervé Ghesquière préparaient un reportage pour l’émission « Pièces à conviction » quand ils ont été capturés. Cette affaire a suscité ces derniers mois plusieurs incidents entre les syndicats et les journalistes de France Télévisions, et le pouvoir.
Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, avait parlé « d’imprudence coupable ». Le général Jean-Louis Georgelin, alors chef d’état-major des Armées, avait reproché aux reporters leur imprudence et évoqué le coût élevé des recherches. Journalistes et syndicats avaient jugé ces remarques parfaitement déplacées concernant des otages dont la vie est en danger.
André Balbo
Sources : NouvelObs, France Inter

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