Après le passage à la trappe de la taxe Carbone, et malgré les critiques de son propre camp, qui se sont abattues sur elle comme flèches à Gravelines à la suite de ses déclarations, la secrétaire d’État à l’écologie a crânement confirmé, bien que "désespérée", vouloir « reprendre le combat contre l’écoloscepticisme », soulignant (était-ce un message personnel ?) qu’elle ne cèderait pas à la petite musique qui vient dire que l’écologie « ça commence à bien faire ».
Qu’avait-elle donc énoncé de si grave que nous ne savions déjà ? Que « Si on attend que l’Europe prenne une décision, la taxe Carbone sera reportée sine die. Cela pose un problème ontologique à la gauche comme à la droite. Nos élus et une partie de la société n’ont pas compris l’importance de l’écologie ! »
Avez-vous bien saisi la force du camouflet ? L’ontologie est tout bonnement « l’étude de l’être en tant qu’être, de l’être en soi », selon le Larousse. Passer la taxe Carbone à la trappe reviendrait donc, pour Chantal Jouanno, à ce que les politiques conviennent que leur discours n’étaient qu’habillages et babillages, et qu’ils ne croyaient pas le moins du monde à l’urgente nécessité de la préoccupation écologique !
Patrick Ollier a estimé que ses déclarations étaient « de nature à créer des oppositions au sein même du gouvernement. Ce n’est pas ce que l’on attend d’un de ses membres ! » Jean-François Copé s’en est dit « profondément choqué ». Nicolas Sarkozy lui-même a déclaré aujourd’hui à Bruxelles : « Je n’ai pas apprécié ses propos. Les ministres n’ont pas à être désespérés. Ils ont à faire leur travail. »
Selon le Point, enfin, le secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant l’aurait convoquée jeudi soir pour lui dire : « Arrêtez tout de suite, vous faites beaucoup de mal au président ».
Sur ce dossier, Chantal Jouanno ne peut même pas se targuer d’avoir pour elle le soutien de l’opinion publique ! Nous serions donc peut-être là effectivement en présence d’une personnalité politique qui défendrait bec et ongles ses convictions, malgré un très vilain contexte et une adversité marquée !
Et Chantal Jouanno n’aurait-elle pas énoncé qui plus est : « C’est clair, c’est le Medef qui a planté la taxe Carbone. Au nom de la compétitivité. Est-ce que le Medef s’est ému des 2 milliards de bonus distribués aux banquiers ? » Elle aurait même, la petite teigneuse, glissé une dernière pique sur le sujet « aux céréaliers intensifs ».
Quelle conviction et quelle fougue, Madame ! Je vous en prie, restez dans notre « environnement » politique !
André Balbo
Sources : Le Parisien, Libération, Le Point, Le Monde

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