Le secrétaire d’Etat chargé du Développement de la région capitale paye-t-il, comme l’écrivent les Échos, les conséquences des cigares achetés avec les deniers publics, son manque de souplesse, notamment avec les élus ? Ou plutôt, renouant avec la série de démissions « de caractère » qui émaillent sa carrière, se serait-il agacé d’avoir à rendre des comptes à une opinion publique qui le juge sévèrement, à une autorité supérieure tout bonnement, et… aux élus qui le contestaient dans son projet et dans ses manières ?
Expert ès démissions, Christian Blanc laissa en 1992 la RATP, ne se sentant pas suffisament soutenu par le gouvernement pour imposer le service minimum. En désaccord avec le gouvernement Jospin en 1997, il démissionna d’Air France. Il avait aussi plus récemment et par deux fois menacé de démissionner pour se libérer de la tutelle de Jean-Louis Borloo, puis durant la rédaction du projet de loi.
Le 24 juin, Evous titrait « L’initiateur du Grand Paris quitterait très très rapidement le gouvernement ». Il n’aura fallu attendre que 10 jours. Selon France 2, la demande de son départ serait plus précisément venue de François Fillon.
Christian Blanc avait posé problème par le style secret, peu consensuel voire cavalier qu’il avait adopté dans son traitement du dossier du Grand Paris. Les confrontations avaient été nombreuses, tant avec ses collègues ministres, les équipes d’architectes consultées qu’avec les principaux élus de la Région. Le secrétaire d’État devenait donc d’autant moins défendable pour le chef de l’État dès lors qu’étaient évoqués dans la presse des « imprécisions » dans ses déclarations fiscales selon le Canard, et son goût devenu célèbre pour les cigares… d’État.
Concernant le Grand Paris, Nicolas Sarkozy avait du reprendre en mains personnellement le chantier et rechercher un armistice lors d’un déjeuner à l’Élysée, tant le climat avec les élus, du fait de l’absence de dialogue et de concertation, s’était dégradé et avait débouché sur une guerre de tranchées.
Ce devrait être le centriste Michel Mercier, déjà en charge de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, qui remplacerait Christian Blanc.
Il est très probable que ce départ fasse rapidement évoluer ce gigantesque dossier assez brûlant qui ne pourra avancer qu’en accordant plus d’attention et de poids aux souhaits énoncés par les élus, comme aux études et suggestions des équipes d’architectes consultées.
L’État ne peut ici progresser que dans la concertation et il est probable que l’affabilité de Michel Mercier devienne un outil fondateur.
André Balbo
Sources : Les Échos, Libération, France 2

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