Entre rires et émotions, le public navigue avec enthousiasme dans ce monde cruel que Desproges savait si bien décrire avec l’humour du désespoir et l’élégance suprême de se moquer de tout, même et surtout de ce cancer qui allait bien finir par gagner la dernière manche. Desproges ne cesse de ressusciter, et c’est un immense plaisir que d’entendre de nouveau ce vocabulaire, ce style si particulier que sans doute de nouvelles générations vont pouvoir découvrir.
Pierre Desproges
Pierre Desproges, né le 9 mai 1939 à Pantin, décédé le 18 avril 1988 à Paris, est un humoriste français réputé pour son humour noir, son anti-conformisme virulent et son sens de l’absurde. Remarqué par ses confrères, il devient chroniqueur dans l’émission télévisée le Petit Rapporteur, sur TF1. Sa prestation dans cette émission dominicale de Jacques Martin, au côté de son complice Daniel Prévost demeure gravée dans l’esprit des amateurs d’humour noir et de cynisme. Il claque la porte car il est coupé de plus en plus souvent au montage. En 1978 et 1979, il anime en compagnie de Thierry Le Luron l’émission hebdomadaire les Parasites sur l’antenne. En 1980 et 1981, il participe à Charlie Hebdo avec une petite chronique intitulée Les étrangers sont nuls. Entre 1980 et 1983, il est le procureur du Tribunal des flagrants délires en compagnie de Claude Villers et de Luis Rego. Sur les conseils de Guy Bedos, il est également monté sur scène en 1984 et 1986. Il est mort d’un cancer le 18 avril 1988 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, juste en face de Michel Petrucciani et non loin de Frédéric Chopin.
Christine Murillo et Dominique Valadié apportent tout leur talent à ces morceaux d’humour politiquement incorrects
"Il faut rire de tout. C’est extrêmement important. C’est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans." (Pierre Desproges)
Christine Murillo et Dominique Valadié
Toutes deux reçues au Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique, Christine Murillo et Dominique Valadié n’y seront ensemble qu’une petite année, de 1975 à 1976. C’est au moment où Dominique Valadié rencontre Antoine Vitez que Christine Murillo entre à la Comédie-Française. Et quand Dominique y entre Pensionnaire à son tour, Christine en part Sociétaire, le temps de jouer ensemble Le Menteur de Corneille sous la direction d’Alain Françon.
A elles deux, elles comptabilisent sept nominations et trois Molière, dont chacune un Molière de la Meilleure Comédienne, et Dominique Valadié tourne entre 1982 et 1984, avec Pierre Desproges, plusieurs épisodes de La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède.
Christine Murillo et Dominique Valadié, toutes deux singulières et inclassables dans le paysage théâtral français nous font entendre avec finesse et intelligence les subtilités et les paradoxes de Pierre Desproges à travers une langue stupéfiante faite d’enfance et de gravité. Aujourd’hui, une nouvelle génération va découvrir cette écriture. Un style à la jonction de deux mondes provenant du classicisme français et emprunt de fulgurance et d’insolence. Nous jouons ici avec une langue souple et pirouette à l’image du funambule à qui le vide ne fait pas peur, et risquant des raccourcis périlleux d’apparence arbitraire.
Pierre Desproges a le courage de la haine. Ce théâtre dont il nous parle avec force lucidité n’exclut personne. L’individuel et le collectif y ont place. Son écriture rend hommage à l’humanité en engageant sa splendeur et son horreur. Michel Didym
Michel Dydim est un remarquable metteur en scène, il a été élève à l’École du TNS. Il a joué dans les années 70 avec les metteurs en scène André Engel, Jorge Lavelli, Georges Lavaudant et Alain Françon... En 1989, ll est lauréat du prix Villa Médicis hors les murs. En 2010, il est nommé directeur du Théâtre de la Manufacture (CDN de Lorraine) à Nancy. On ne compte plus le nombre de créations qui font de Michel Dydim, l’un metteur en scène les plus brillants d’aujourd’hui.

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