Après avoir posé un diagnostic alarmant sur le risque que courrait l’Ile-de-France de manquer bientôt de médecins et de professionnels de santé, le Conseil Économique et social de l’Île de France préconise de coupler installation des professionnels libéraux et aménagement du territoire.
Le CES d’Île-de-France constate dans un rapport publié fin octobre, que les besoins de santé de la population francilienne vont croître dans les 20 prochaines années, du fait de l’augmentation de la population (10%), et par les facteurs qui lui sont habituellement associés tels que l’allongement de la durée de vie, l’accroissement des pathologies chroniques, et l’amélioration du dépistage.
Il se trouve que, dans le même temps, les professionnels libéraux seront de moins en moins nombreux à s’y installer. Leur diminution, constatée déjà depuis plusieurs années, se poursuit : - 6,8% en 8 ans.
Le rapport s’inquiète du « renoncement constaté des jeunes à l’exercice libéral », qui « pourrait devenir un handicap pour l’ensemble de la collectivité ».
Ainsi, 67% des nouveaux médecins inscrits à l’Ordre préfèrent l’exercice salarié, 22% font des remplacements, et seuls 10% s’installent en libéral.
Selon le rapport du CES, il faut encourager les nouvelles formes d’installation : les maisons de santé pluridisciplinaires, mais aussi les « nouvelles formes juridiques de très petites entreprises (TPE) ». Il convient particulièrement de coupler les politiques d’incitation à l’installation avec celles de l’aménagement du territoire et de développement économique.
Le CES d’IdF préconise notamment un appui du Conseil régional aux nouvelles TPE, par exemple, un « accompagnement des personnels de santé dans la création entrepreneuriale », le droit pour celles-ci de bénéficier des aides économiques territoriales, la mobilisation de l’Agence régionale du développement et un partenariat entre la Région et l’Agence régionale de santé.
Ce rapport traduit donc une évolution très nette de la préconisation de mesures « incitatives » ou « coercitives » à l’égard des professionnels vers l’inclusion des préoccupations démographiques dans le contexte plus général de l’aménagement du territoire.
André Balbo
sources : Infirmiers, JDD

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