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Conjoncture et perpectives financières

Une analyse de la direction financière du groupe AG2R / La Mondiale

La fin de l’année 2008 s’achève sur une note particulièrement sombre, les espoirs d’une reprise rapide s’étant définitivement dissipés. Depuis fin septembre, on observe un changement de régime de l’économie, dont le ralentissement apparaît plus dur que prévu, et qui règne à présent sur toute la planète. Alors que la zone euro et les pays émergents semblaient mieux résister il y a quelques mois encore, il est à présent avéré que tous les pays développés sont en récession. La crise actuelle ne peut pas être assimilée à un cycle économique classique tant la crise financière est ancrée profondément. Des plus bas historiques sont observés sur de nombreux fronts et on assiste au plus fort ralentissement depuis le premier choc pétrolier, il est sévère et sera durable. Aux États-unis, la consommation des ménages s’est effondrée (repli le plus important depuis 1980), et les statistiques de l’emploi se détériorent rapidement. Plusieurs facteurs de soutien tels que les exports et les investissements viennent de disparaître et la situation de l’immobilier n’est toujours pas stabilisée. Néanmoins, le plan de relance prévu par Barack Obama, la baisse des taux directeurs et l’effondrement des prix des matières premières devraient favoriser une reprise de la consommation et donc une amélioration de la situation économique. En Europe, la production industrielle, déjà sur une tendance baissière depuis plusieurs mois, a lourdement chuté en octobre. Le très fort ralentissement de la demande mondiale et l’entrée en récession des principaux partenaires commerciaux pèsent sur les perspectives de production des industriels européens. Les perspectives des économies nipponnes et émergentes ne sont guère meilleures car très dépendantes de la demande mondiale. Les forces récessives agissent avec vigueur et les conséquences sur l’emploi et l’investissement des entreprises se font sentir avec violence depuis 2 mois. Les conséquences sur les résultats des entreprises seront d’une ampleur considérable et les anticipations de baisse portent à présent sur des niveaux de -20 à -30%. La baisse des matières premières et en particulier du pétrole a totalement fait disparaître les craintes inflationnistes. On observe une diminution de l’inflation dont le point bas devrait être atteint en juin 2009. Ceci laisse une marge de manœuvre significative aux banques centrales qui ont d’ores et déjà acté des baisses significatives de leur taux, particulièrement aux États-unis et au Japon dont le taux d’intervention flirte avec les 0%. Perspectives pour 2009 La crainte de risque systémique liée à la faillite de Lehman Brothers a disparu sous l’effet des diverses mesures de soutien des autorités publiques. Il est certain que les gouvernements et les banques centrales mettent du coeur à l’ouvrage pour tenter d’enrailler une crise d’ampleur gigantesque. Si la crise financière se normalise et si les politiques de relance s’avèrent efficaces, la dépression durable pourra être évitée. Il ne faut pas s’attendre à des bonnes nouvelles tant sur le plan macroéconomique que sur celui du résultat des entreprises. Tant que l’immobilier américain ne sera pas stabilisé, les bilans des banques resteront fragiles et les facteurs nécessaires à la reprise de la confiance ne seront pas au rendez vous. Néanmoins, les politiques accommodantes des banques centrales conjuguées aux plans de relance des états devraient produire leurs effets à partir de l’été 2009, laissant espérer une stabilisation au cours du second semestre 2009. A court terme, même si les valorisations des actions paraissent attractives, il convient de se méfier car la volatilité devrait rester extrêmement élevée et le risque n’est pas encore suffisamment rémunéré. En terme d’allocations d’actifs, les placements monétaires vont devenir nettement moins attractifs, les taux obligataires devraient rester orientés à la baisse et nous recommandons une grande prudence sur les actions au moins sur le premier semestre 2009. Conséquences de l’affaire MADOFF sur l’actif général Le fonds en euros est concerné par un fonds MADOFF mais l’exposition est minime (0.05% de l’actif en €). La perte a été provisionnée et des plus values réalisées pour la compenser. Ceci n’aura pas d’impact sur le résultat.

derniere modification: mercredi 14 avril 2010
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