« Ma mère est seule, je dois aller la voir au moins tous les deux jours... je ne peux donc pas m’absenter très longtemps » (Etude « Baby-boom et consommation touristique à l’âge de la retraite ». Décembre 2004) Le projet proposé vise à développer une offre de produits/services spécifiques permettant de faire de la Brie une destination privilégiée pour les seniors franciliens, et notamment parisiens, en s’appuyant principalement sur des démarches de co-conception et la valorisation des relations humaines. Ces produits/services ne visent pas à segmenter des produits existants, mais à développer des concepts uniques et pertinents car ancrés sur un territoire précis et spécifiés par l’ensemble des parties prenantes.
La valorisation des relations humaines
En regard de leurs prix, la qualité perçue des services repose fortement sur la manière dont ils sont réalisés : accueil, convivialité, flexibilité, écoute, générosité.
Il se trouve que 2T2M est composé essentiellement de petits opérateurs
d’hébergement et de services touristiques, ce qui les différencie facilement les uns des autres.
Il y a donc un potentiel de diversité qui permet de répondre à des clientèles différentes, d’une
part, et une proximité entre hôtes et visiteurs inhérente à la proximité dans l’espace (gîtes,
chambres d’hôtes). Cette proximité se traduit par un niveau élevé de satisfaction de la
clientèle et une certaine fidélité ;
La région est aussi un vivier de séniors qui sont potentiellement prêts à mettre en
partage du temps pour engager d’autres formes de rapport au territoire : passer de la visite
guidée dont le format est figé à l’accompagnement personnalisé.
Une fois épuisées les ressources touristiques matérielles (sites à visiter), le motif de
renouvellement pourrait être le sentiment progressif d’appartenance, construit sur la
convivialité ;
2T2M possède aussi la force d’un réseau, c’est à dire la possibilité d’activer des
ressources spécifiques en fonction d’attentes particulières des clients. Ces ressources sont
comprises à l’intérieur du réseau même, mais aussi avec des partenaires extérieurs. Ainsi, une
collaboration existe avec Marne la Vallée Numérique, une grappe de PME et PMI liées aux
nouvelles technologies, avec laquelle sont testées aujourd’hui des cartes interactives. Par
ailleurs, les acteurs locaux ont engagé une amorce de réflexion collective sur l’offre existante
Appel à projets “séniors” / proposition APCI 6
et son enrichissement possible. L’objectif du projet est d’engager, par le biais du marché des
séniors, une nouvelle offre, fortement ancrée dans son contexte ;
Repenser l’hospitalité à 1 heure de la métropole.
L’un des enjeux du projet est de faire passer de l’intention de revenir à l’engagement de revenir, engagement qui ne peut s’appuyer que sur le fait qu’il y a plus à partager la fois suivante. Pour les opérateurs locaux, ceci permet d’espérer un meilleur coefficient de remplissage, en particulier hors de la période printemps/été. Pour les clients, il s’agirait de faire que l’hébergement prenne une valeur « en soi » (au lieu d’une valeur utilitaire), qui rende attractif le simple fait de changer de résidence. Cela suppose de repenser la convivialité, l’hospitalité dans l’accueil.
L’une des hypothèses du projet est qu’il y a un intermédiaire entre la « résidence secondaire » et « l’hôtel » qui pourrait redevenir nécessaire. Cette hypothèse s’appuie sur le faisceau de présomptions suivant :
le modèle de la pension de famille et de la villégiature sont tombés en désuétude,
mais c’est probablement pour les contraintes qu’elles imposaient, plutôt que par volonté
d’anonymat ; car tout un pan du tourisme valorise les attentions centrées sur l’individu au
détriment des grandes cohortes. Il y a peut-être des formes d’attention et de commodités (être
accueilli et reconnu, échanges de nouvelles) qui pourraient être supportées par des
produits/services à inventer (comme il y avait autrefois les rangements pour les serviettes de
table) ;
une nouvelle notion d’hospitalité est essentielle et partagée, notamment par Disney,
dont le grand défi aujourd’hui est d’augmenter le temps moyen de séjour de ses visiteurs. Le
groupe américain sait désormais qu’il ne pourra le faire qu’en s’appuyant sur une offre
complémentaire, avec laquelle il est prêt à collaborer (avec déjà des réalisations concrètes
avec Provins, Vaux le Vicomte et Fontainebleau), à la condition que les opérateurs locaux
soient organisés et suffisamment professionnels, c’est-à-dire fiables, pour compter comme
partenaires ;
par sa proximité, il existe une interpénétration entre les territoires couverts par 2T2M
et la métropole parisienne. La mobilité est forte dans les deux sens, ce qui enrichi et
complexifie les possibilités de déplacement (co-voyage), d’activités partagées et de
réciprocité, qui contribuent à la construction de l’hospitalité (aller aux champignons à la Ferté
Gaucher, et au théâtre à Paris).
Vers un « habiter » pluriel.
Tous les séniors parisiens ne possèdent pas de résidence secondaire, notamment à proximité de Paris, et par ailleurs, de nouvelles formes de co-habitation se dessinent, y compris chez les séniors. Entre le « chez moi » relativement clos et l’anonymat de l’hôtel ou de l’appartement de vacances, il apparaît des formes de sociabilité dans l’habitat liées au partage des espaces : colocation, « couchsurfing », échange d’appartement ne sont ni l’apanage des jeunes, ni ceux des pauvres. Autre composante à prendre en compte, la circulation des résidents de la Brie vers Paris.
Quelles pratiques de partage de l’espace pourraient émerger de la familiarité avec des lieux, de la fréquentation régulière des espaces et des gens ? Le projet souhaite, notamment en début de phase, engager une phase d’observation approfondie qui élaborera une prospective des usages. Cette prospective définira un cadre de travail pour l’élaboration, par les acteurs du territoire, d’une stratégie d’offres ultérieure (au-delà du projet). On peut imaginer qu’à l’échelle de 2T2M des modèles imprévus de résidence se développent, notamment en période d’intersaison.

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