Ils étaient venus des arrondissements de Paris où ils sont implantés, du XIXe, du XXe, du IIIe, des XIe, XIIe, XIIIe, de banlieue et même de province réclamer « la sécurité pour tous ». Combien étaient-ils vraiment ? Si la police dit 8 500, cela signifie-t-il 17 000 ? En tout cas bien davantage que 10 000. Et ils ont dénoncé dans un concert de sifflets « l’augmentation des violences volontaires » à leur encontre, eux, les « Chinois », d’ordinaire réputés comme étant une communauté particulièrement discrète. Ils ont marché sur le boulevard de la Villette.
Huong Tan, le porte-parole du collectif des associations chinoises qui avait appelé à cette manifestation, souligne : « Pour qu’une communauté silencieuse comme la nôtre descende dans la rue, c’est qu’il se passe quelque chose. » « On ne veut pas que la violence appelle la violence, et Belleville ne doit pas devenir la mèche de la violence à Paris. »
Le collectif demande « une meilleure coordination entre les services de police », un renforcement de la présence policière et des caméras de surveillance. « On veut créer des structures d’assistance aux victimes et mettre en place des associations de quartier pour faire de la prévention », poursuit-il, et le collectif tient à engager une discussion avec le maire de Paris et le préfet de police.
Globalement, selon le bulletin mensuel de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), on note en mars 2010 que le nombre de faits constatés sur 12 mois d’atteintes aux personnes a augmenté de 1,9% depuis avril 2009. Une tendance lourde qui a démarré voici des années.
Sur cette même période, les vols avec violence ont nettement augmenté sur 12 mois (+ 5,3%), alors que les destructions et dégradations, par exemple, ont baissé de 7,8%.
Pour les vols avec violence, 86,1% sont commis sans arme. Leur nombre s’est encore accru de 6% ces 12 derniers mois. En revanche les vols à main armée, en forte hausse l’an dernier, sont stables (- 0,4%), mais ne pèsent statistiquement pas lourd (6% des faits violents).
240 000 faits de violence physique ont été enregistrés entre avril 2009 et mars 2010, « soit un niveau parmi les plus élevés depuis 1996 », souligne l’ONDRP. Près de 53% d’entre eux sont des violences physiques « hors vol » (violences intra-familiales, contre des dépositaires de l’autorité, les bagarres, etc.), qui n’ont augmenté que de 1,6% (alors que depuis 5 ans, l’augmentation sur 12 mois était supérieure à 2%).
André Balbo
Sources : Le Parisien, Le Monde, ONDRP

envoyer par mail
Imprimer la page