Après le succès populaire remporté par le PS lors de ses primaires très médiatisées, l’UMP devait riposter et faire preuve d’unité. Depuis hier et sa convention tenue au Pavillon Gabriel (8e arrondissement) à Paris et diffusée par La Chaîne Parlementaire, de 17 heures à 19 heures, c’est chose faite ; reste à savoir si la forme du show anti-PS était pertinente.
Le choix du Pavillon Gabriel pour accueillir cette convention ressemble à une confession involontaire : rivalisant avec l’émission de Michel Drucker Champs-Élysées dans le tape-à-l’œil et le bourre-l’oreille, le show programmé par François Copé n’avait pas grand chose à voir avec la politique.
Certains diront que les débats proposés par les candidats PS lors des primaires n’étaient pas toujours de haute volée, et ils n’auront pas tout à fait tort, mais que dire du spectacle proposé par l’UMP ce mardi soir ? Qu’il ressemblait à s’y méprendre à une émission de télé-réalité-diminuée à la façon Jerry Springer Show. Le principe était simple : une quarantaine de membres du parti présidentiel avaient deux heures pour flinguer le programme du PS, quitte à grossir les traits, donner dans le slogan infantilisant et réécrire quelque peu l’histoire.
Les traits et les piques étaient nombreux, mais les ficelles étaient énormes, aussi énorme que la plus belle exagération de la soirée qui plaçait à 225 milliards d’euros le soi-disant coût du programme défendu par François Hollande. Outre le fait que ce chiffre est basé sur des estimations assez peu objectives, les mathématiciens de l’UMP ont semblé vouloir voir large puisque, comme le soulignait L’Express, le coût du passage de la retraite à 62 ans (8.3 milliards, selon une estimation de la CNAV ) devenait d’après l’UMP dix fois plus important si le PS décidait de faire marche arrière. Allez savoir pourquoi.
Outre l’espèce de roue de l’infortune qui affichait la somme grotesque de 225 milliards d’euros en arrière-plan, les procédés infantilisant se sont multipliés lors de cette soirée. « Dans ce programme flou et mou, où il y a des tas de loups et des tas de trous, la France va dans les choux » : Cette tirade du secrétaire général adjoint de l’UMP Marc-Philippe Daubresse n’est, heureusement, pas tout à fait représentative du style adopté par les intervenants, mais elle est à l’image du message délivré par cette convention : "le PS, c’est nul".
Et pour prouver par A+B que le PS, c’est vraiment nul, il fallait bien faire l’amalgame entre les différents programmes des candidats socialistes, histoire de suggérer entre les lignes que le candidat aujourd’hui officiel, François Hollande, n’a pas de ligne directrice ni les épaules pour représenter son parti. Ainsi Nora Berra a-t-elle agité le spectre de la France qui plane en dénonçant la volonté, imaginaire, du PS de dépénaliser le cannabis, et Franck Riester de s’insurger contre la volonté, encore imaginaire, de François Hollande d’augmenter de 50% le budget de la culture.
Alors que le Parti Socialiste avait souvent été critiqué ces dernières années pour son incapacité à proposer un programme cohérent et à ne savoir rien faire d’autre que s’opposer au pouvoir, il semblerait que les rôles aient tendance à s’inverser : le titre de la convention - Le Projet Socialiste : le Grand Malentendu - parle de lui-même.
D’après le dernier sondage CSA pour BFM TV/RMC/20 minutes à paraître mercredi, le malentendu est profond : Au second tour, François Hollande l’emporterait avec 62% des voix contre 38% au président sortant.

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