Dominique Strauss-Kahn et sa femme Anne Sinclair devaient s’attendre à un fameux accueil pour leur retour en France après plus de trois mois passés à New-York en liberté surveillée, mais s’attendaient-ils à ce raz-de-marée médiatique les ayant submergés dès leurs premiers pas dans l’aéroport Roissy Charle-de-Gaulles ce dimanche vers 7h20 du matin ?
Souriants comme si leur réputation en dépendait, mais muets, le couple a accompli le trajet entre l’aéroport et son domicile de la place des Vosges accompagné par des nuées de photographes et de cameramen français et étrangers. DSK devrait prendre prochainement la parole. Quand ? Le maire PS du 13e arrondissement de Paris parle « d’un 20h assez rapidement », ce que confirme Pierre Moscovici (PS) pour qui DSK s’exprimera « dans un délai pas trop éloigné ». A quel sujet ? D’après le Journal du Dimanche, s’il doit y avoir une allocution, ce ne sera pas pour confesser les évènements ayant pris place au Sofitel de New-York ce 14 mai. « Son avocat américain, Bill Taylor, le lui a interdit, explique le journal. DSK n’a aucunement l’intention de se confesser à un média français. Ni aujourd’hui, ni demain, ni jamais ». Voilà qui est clair.
Si DSK est pour l’instant muet, ce n’est pas le cas de la classe politique française qui a semblé tour à tour gênée, prudente, évasive, exaspérée. Retour sur quelques réactions en France :
A gauche : entre prudence et théâtralité
Eric Besson (ex PS) joue les grands naïfs : « Dominique Strauss-Kahn est un citoyen français qui a bien le droit de venir se ressourcer dans son pays après les mésaventures qu’il a connues aux Etats-Unis ».
Jack Lang (PS) joue les romantiques : « Je suis heureux parce que je les aime et je les respecte (...). A travers les semaines, ils ont fait preuve d’un courage (...), de qualité d’âme, qui renforcent ma propre admiration, ma propre amitié ».
François Pupponi (PS) rejoue Les Misérables : « Il n y a rien à fêter, pas question de fêter. DSK a traversé une période terrible, il a été injustement accusé, il a tout perdu. On attend de le revoir avec beaucoup d’affection ».
Jean-Luc Mélanchon (Front de Gauche) se croit dans Urgences : « Je souhaite que le travail de reconstruction psychologique qu’il a à faire après un événement terrible se fasse ailleurs que sur la scène politique ».
Ségolène Royal (PS) parle pour ne rien dire : « Je ne veux pas ajouter par un quelconque commentaire quelque chose de plus à cette tempête médiatique ».
François Hollande (PS) se prend pour Jeanne D’Arc : « DSK fait partie des voix que l’on veut entendre ».
A droite : entre le déni et l’agacement
Renaud Muselier (UMP) se sent seul au monde : « On a un feuilleton qui n’a absolument aucun intérêt pour moi mais qui a l’air de passionner ».
Xavier Bertrand (UMP) fait sa Ségolène Royal : « L’affaire DSK relève du domaine privé. Je n’ai pas fait de commentaire au cœur de l’affaire, je n’ai pas l’intention d’en faire aujourd’hui ».
Sébastien Huygues (UMP) en veut toujours plus : « Je demande à chacun des candidats à la primaire socialiste de s’exprimer clairement sur l’attitude qu’ils tiendront vis-à-vis de Dominique Strauss-Kahn dans le cadre de leur candidature ».
Jean-François Copé (UMP) a envie de zapper : « De toute façon, vu le nombre de micros qui lui sont tendus, s’il veut dire des choses, il les dira... Je dis simplement que ça fait beaucoup d’épisodes à ce feuilleton interminable ».
Benoist Apparu (UMP) est un peu jaloux : « Est-ce que [le retour de DSK] doit occuper tous les médias de 6H00 du matin à 23H00 ? Je n’en suis pas intimement convaincu ».
Jean-Pierre Raffarin (UMP) joue les Mme Irma : « C’est un événement qui ne sera pas neutre dans notre avenir politique. Les analyses [de DSK] auront forcément à un moment ou à un autre un écho ».

envoyer par mail
Imprimer la page