Ce soir, sur TF1, Claire Chazal recevra Dominique Strauss Kahn sur le plateau du 20h pour sa première apparition télévisée depuis son arrestation à l’aéroport de New-York en mai dernier.
Si les charges en pénal dans le procès qui l’opposait à Nafissatou Diallo ont été abandonnées du fait du manque de crédibilité de la plaignante, DSK doit toujours faire face au procès civil intenté à New-York par la même accusatrice, et un autre procès en préparation l’opposant à la journaliste Tristane Banon. Surtout, l’ancien patron du FMI doit maintenant montrer patte blanche aux Français, et tout faire pour être cru.
Ce soir, Dominique Strauss Kahn ne rentrera sans doute pas dans les détails de ce qui s’est passé dans cette fameuse chambre du Sofitel de New-York. Il a encore beaucoup trop à perdre et, de toute façon, les différents procès en cours pourraient l’empêcher de s’exprimer pleinement. Cette intervention télévisée est d’ailleurs jugée sévèrement par les féministes qui ne comprennent pas que l’on puisse accorder autant d’exposition à un homme sur lequel pèse des accusations si lourdes, et par certains hommes de loi comme l’avocate Gisèle Halimi qui s’est dite « indignée ».
Qu’attendre de ce grand rendez-vous polémique, qui ne devrait pas manquer de faire un carton sur les feuilles d’audience de TF1 malgré les protestations des militantes anti-DSK ? Sûrement pas un questionnaire agressif de la part de Claire Chazal, dont l’intégrité professionnelle n’est pas plus à mettre en doute que sa fidélité envers ses amis, au nombre desquels on peut compter Anne Sinclair. Loin d’égratigner et de tenter de pousser l’homme politique à des révélations exclusives, la journaliste devrait se contenter de mettre en place les conditions idéales aux déclarations que l’on imagine réglées à la virgule près de DSK.
Ces déclarations devraient se borner à de vagues explications sur les circonstances des deux affaires l’opposant à Mlles Diallo et Banon, mais elles devraient gagner en précision quant à ses états d’âmes, ses aspirations à retrouver une vie normale... et peut-être sur ses remords. Jean-Christophe Cambadélis a qualifié son ami d’« homme blessé, désolé, malheureux ». L’ancien homme fort de la gauche devrait donc faire profil bas, continuer de nier toute violence, admettre à demi-mots des avances voire un comportement répréhensible, mais insister sur le besoin de ses proches et de son parti de tourner la page. Une façon de ménager ses amitiés au sein du PS, et de préparer ses prochains rendez-vous aux tribunaux.

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