Ce mardi 23 août, Dominique Strauss Kahn a vu se clore le volet pénal de l’affaire l’opposant à la femme de chambre du Sofitel de Manhattan, Nafissatou Diallo. Dans l’après-midi, le juge américain en charge de l’affaire, Michael Obus, a annoncé l’abandon des poursuites, allant ainsi dans le sens des recommandations du procureur Cyrus Vance pour qui la crédibilité de l’accusatrice était mise à mal par ses multiples mensonges, et la tenue d’un procès pour rapports sexuels forcés reposant sur son seul témoignage devenait dès lors impossible.
L’ancien patron du FMI et tête de gondole socialiste devrait bientôt être libre de rentrer en France, après trois mois passés en liberté surveillée aux Etats-Unis qu’il qualifiait hier d’"épreuve terrible et injuste". DSK devrait récupérer aujourd’hui même son passeport et redevenir ainsi une personne libre. Pourtant, les médias américains laissaient entendre qu’il ne rentrerait pas immédiatement en France, et qu’il passerait sans doute quelques jours avec sa femme Anne Sinclair dans leur ancienne propriété de Washington afin sans doute de se reposer un peu avant le déferlement médiatique qui ne manquera pas de les submerger dès qu’ils poseront le pied dans l’hexagone. Un retour en France ce week-end est envisageable.
Si ses amis socialistes seront prêts à l’accueillir à bras ouverts (voir ICI), d’autres bras devraient l’empoigner très vite et de façon bien moins amicale. Outre l’affaire Tristane Banon, DSK devra encore faire face à la plainte déposée contre lui en civil par Nafissatou Diallo devant un tribunal du Bronx afin d’obtenir des dommages et intérêts ; un procès au cours duquel la notion de crédibilité des témoignages aura moins d’importance que la masse des preuves fournies par l’accusation et la défense. Les mêmes avocats de Mlle Diallo, - Douglas Wigdor et le Français Thibault de Montbrial -, ont également déposé une plainte au parquet de Pontoise pour subornation de témoin. Ils accusent en effet un adjoint du maire de Sarcelles, François Pupponi, d’avoir proposé à une jeune femme originaire de l’ancien fief de DSK de l’argent pour qu’elle se taise. D’après les avocats de Mlle Diallo, le témoignage de cette femme allait dans le sens de celui de la plaignante américaine.
L’agenda de Dominique Strauss Kahn s’annonce donc toujours très chargé, malgré le vide laissé par l’absence de procès pénal. Son retour dans la vie politique française s’annonce compromis pour le moment, d’autant que les candidats à la primaire du PS, Martine Aubry et François Hollande en tête, ont pris de l’avance. Un rôle de conseiller du candidat PS à la présidentielle n’est pas à exclure, et lui permettrait de revenir progressivement sous le feu des projecteurs, cette fois pour de bonnes raisons.

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