Après des déboires judiciaires à New-York qui se sont achevés sur un abandon des charges dans l’affaire l’opposant à Nafissatou Diallo, Dominique Strauss-Kahn est prêt à rentrer en France.
L’ex-favori du PS à la présidentielle devra faire face à bien des obstacles s’il escompte revenir dans le jeu politique, à commencer par la plainte au civil déposée par Nafissatou Diallo et celle déposée à Paris par Tristane Banon.
Par ailleurs, bien que de nombreux hommes politiques de gauche se soient étendus sur leur soulagement consécutif à la libération de l’ancien patron du FMI, d’autres se montrent bien plus circonspects. Quand Michel Rocard diagnostiquait une « maladie mentale » à DSK sur Canal +, Martine Aubry, réputée proche de DSK (à l’échelle politique s’entend), saluait sur la même chaîne le retour prochain de son ami qui selon elle allait « rentrer en [France] dans les jours qui viennent ». Mais celle qui a supplanté Strauss-Kahn dans les suffrages reste prudente, au moment où la course aux primaires du parti s’intensifie. « Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l’attitude de Dominique Strauss-Kahn vis à vis des femmes », a-t-elle affirmé de façon à moitié codée, une façon d’évacuer un sujet qui commence à devenir embarrassant.
Car ce qui, jusque récemment, était vu d’un oeil mi-clos comme une réputation un rien flatteuse, est devenu un passif, même si la justice peine à se prononcer à ce sujet. Les tribunaux naviguent à vue, mais l’opinion publique n’attend jamais longtemps pour se former, souvent de façon irrémédiable. La première conférence de presse de DSK en France devrait être déterminante pour l’orientation de son futur proche. S’il parvient à effacer dans l’esprit des Français les soupçons de viol, pour ramener l’affaire à une gauloiserie exploitée par des adversaires politiques, banco : il pourra sans doute, s’il le souhaite, s’accrocher au wagon d’un candidat PS à la présidentielle et éventuellement reprendre à moyen terme un rôle prépondérant dans la vie politique française. Dans le cas contraire, les prochains mois, voire les prochaines années, risquent d’être longues pour lui.

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