Nous écrivions de façon prémonitoire, en décembre 2009, dans l’article « Le projet du Grand Paris pourrait-il être encore plus noir que noir ? » : « Imaginons qu’il se vérifie bientôt qu’André Santini, député-maire (Nouveau Centre) d’Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine, prenne la présidence de la société du Grand Paris. » (Les conclusions de cet article sont de plus en plus d’actualité)
Et ce fut, hélas, chose faite le 21 juillet, de la façon la plus « bonapartiste » qui soit, dans une ambiance franchement tendue, et en l’absence remarquée de Jean-Paul Huchon, le président de la Région, et de Bertrand Delanoë, le Maire de Paris.
La veille du vote, les 5 présidents des conseils généraux d’Ile-de-France de gauche qualifiaient déjà le scrutin de « petits arrangements entre amis ». Ils sortirent de la salle avant le vote, le 21, en claquant la porte, et tinrent immédiatement une conférence de presse d’opposition. Mais toujours en l’absence de MM. Huchon et Delanoë, dont les présences auraient certainement donné aux déclarations faites plus d’éclat et d’échos.
Pour Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis : « Le choix de Santini ? Cela donne l’impression que ces nominations sont surtout la gestion des personnels politiques des Hauts-de-Seine. (…) Tout est repris en main par le président de la République pour placer ses copains ».
Pour le communiste Christian Favier, président du Val-de-Marne : « On a fait la démonstration que M. Santini ne pouvait être élu que par les voix des fonctionnaires, c’est un déni de démocratie ».
Le conseil de surveillance, qui compte parmi les élus une majorité de gauche, comporte aussi 11 représentants de l’État. Ils ont tous voté pour André Santini.
Leurs homologues s’étaient abstenus, lors de l’autre tentative « bonapartiste » que fut le vote à la présidence de l’Epad.
Dans un autre de nos articles, « André Santini est-il vraiment le meilleur choix pour diriger la Société du Grand Paris ? », nous tentions de faire comprendre que le climat actuel si lourd des affaires Pandore-Bettencourt et Wildenstein entre autres, devrait plutôt inciter à un choix plus consensuel, un peu comparable à celui qui fut fait pour la nouvelle présidence de France-Télévision. Mais nous expliquions pourquoi notre pronostic n’allait pas dans cette direction.
Nicolas Sarkozy s’est une fois de plus condamné à nous mimer l’histoire, dont tout le monde connaît pourtant la fin dramatique, du scorpion qui demande à la grenouille de bien vouloir le faire traverser…
André Balbo
Sources : Evous, Libération, Le Parisien

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