Les kiosquiers parisiens (et les autres…) sont très loin d’avoir la vie facile. Charge de travail considérable, rémunérations précarisantes, inconfort au quotidien, ils viennent de subir les soubresauts aussi bien des organes de presse, eux-mêmes déjà fragilisés à l’extrême, et une dure grève de plus de 2 semaines, pleine de surprises de leur distributeur, dont paradoxalement on a mis longtemps à parler dans les médias.
Bertrand Delanoë leur lance quelques bouées, qu’il a annoncées à l’occasion de ses vœux à la presse.
Afin de leur permettre de compléter leurs revenus, dangereusement insuffisants, il entend leur permettre d’élargir leurs activités de vente hors presse : produits édités par la Ville de Paris, produits dérivés comme Paris Plage, guides et cartes de stationnement. Il proposera à la RATP de tolérer que leur soit confiée la vente des titres de transports.
À la suite de la grève, et pour en compenser les effets dévastateurs sur les revenus des kiosquiers, la Ville versera au Centre d’Entraide Parisien de la Presse et de l’Édition une aide exceptionnelle de 200 000€, charge à lui de la répartir de manière équitable entre eux.
Il est vrai que, depuis 150 ans, l’existence même des 340 kiosquiers dans la capitale contribue à l’animation de la cité et à l’image de la Ville. Ils constituent un réseau actif et indispensable pour faire vivre la presse, et souvent représentent également un commerce de proximité indispensable, et un lieu de vie essentiel dans les quartiers.
La Ville de Paris avait déjà considérablement réduit dès 2001 leur redevance, et choisi en 2005 de passer d’une gestion des kiosquiers en régie directe à une délégation de service public, dans le but d’enrayer les fermetures progressives de kiosques dues à la crise de la presse.
Lors du renouvellement de la délégation de service public en 2010, la Ville renonçait aussi à percevoir sa redevance (130 000€ pour 2009) afin d’alléger les frais qui pèsent sur la profession.
Si l’on peut considérer que le passage de 252 kiosques en 2005 à 340 en 2011 est un résultat satisfaisant, on sait aussi que les lendemains de cette profession demeurent d’une extrême fragilité… pour des raisons spécifiques à chacun des interlocuteurs de cette chaîne, qu’il s’agisse des éditeurs, des diffuseurs, de l’État et de ses saupoudrages peu prévisibles, ou des différentes organisations syndicales en présence.
André Balbo
sources : Ville de Paris, Libération

envoyer par mail
Imprimer la page