Contrôle à la pelle dans la nuit du 18 juin 2010, par exemple. Les résultats publiés dans la lettre hebdomadaire de la Préfecture de police sont étonnants et semblent indiquer que la consommation de produits stupéfiants au volant se banaliserait. Sur 50 personnes contrôlées et soumises à un dépistage salivaire, 23 tests se sont révélés positifs à des « produits illicites ». La consommation de produits stupéfiants au volant se banalise-t-elle ?
Gendarmes et policiers de Seine-et-Marne, des Yvelines, de l’Essonne, du Val-d’Oise, et près de 400 policiers de la préfecture avaient mis en place 40 points de contrôle. Au bilan, sur 157 2RM et 3 894 véhicules dont la quasi-totalité des conducteurs ont subi un contrôle d’alcoolémie, 153 se sont révélés positifs.
A la différence de celui de l’alcool dans l’organisme, l’effet des stupéfiants est long. Ainsi peut-on être contrôlé positif même si l’on n’a pas consommé de drogue dans la journée. Le Code de la route indique que l’usage de stupéfiants (cannabis, amphétamines, cocaïne et opiacés) est punissable d’un retrait de 6 points du permis de conduire, voire sa suspension, de 2 ans d’emprisonnement et de 4 500€ d’amende.
Le cannabis est-il en passe de détrôner l’alcool au volant ? A Paris, comme sur l’ensemble du territoire, le nombre d’automobilistes dépistés positifs a littéralement explosé. En témoignent, notamment, les retraits exponentiels de permis de conduire confisqués pour consommation de drogue.
Désormais, dotés du « kit de dépistage salivaire » lancé par le ministère de l’Intérieur, utilisé à Paris depuis l’automne 2008, les policiers n’hésitent plus à « tester » en cas d’accident les contrevenants, à les utiliser lors de simples contrôles inopinés, mais également dans le cas où l’attitude de l’automobiliste leur paraît suspecte.
Si en 2008, 298 (5%) des 5 909 suspensions de permis à Paris l’ont été pour usage de stupéfiants, leur nombre a bondi pour les 11 premiers mois de 2009, pour passer à 427 (8,5%) sur 5 055. Une augmentation de 70%. Est-ce le reflet d’une brutale augmentation de l’usage de stupéfiants ou plus simplement l’arrivée dans les statistiques des résultats des contrôles salivaires ? 590 contrôles salivaires avaient été effectués en 2008, ils furent plus de 1 000 pour le seul premier trimestre 2009.
Toujours est-il que, même si l’alcool demeure toujours loin devant dans les causes de suspension de permis, les autorités s’inquiètent de la présence et de l’augmentation dans les statistiques de l’usage de stupéfiants, d’autant qu’à Paris, dans plus de 10% des cas, il s’agissait d’usage de cocaïne et non de cannabis.
Contrôle systématique en cas d’accident, l’usage de stupéfiants étant à l’origine de 19% des accidents mortels dits « de la circulation ».
André Balbo
Sources : Préfecture de police de Paris, Le Parisien

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