Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, s’est exprimé depuis Bobigny (Seine-Saint-Denis), où la SNCF va céder à la ville un terrain de la gare d’où sont partis plus de 20.000 juifs vers le camp de Drancy puis vers la mort en 1943 et 1944.
Le président de la SNCF a reconnu les responsabilités de l’entreprise, qui, bien que « contrainte, réquisitionnée », fut « un rouage de la machine nazie d’extermination ».
Parlant de « moments terribles, des moments funestes », il a souligné « la nécessité de regarder ce passé en face, le connaître, le comprendre, en perpétuer la mémoire, en tirer une leçon de vie ».
En tout, la SNCF a transporté près de 76.000 juifs vers les camps d’extermination entre 1942 et 1944.
« Contrainte, certes, notre entreprise a acheminé ces trains jusqu’à la frontière. Elle l’a fait », a reconnu Guillaume Pepy, en présence de Simone Veil, rescapée de Ravensbrück.
La cérémonie était destinée à entériner le protocole entre la municipalité de Bobigny et la SNCF pour transformer en « lieu de mémoire » l’ancienne gare de marchandise de la ville.
En novembre, le dirigeant de la SNCF avait déjà esquissé lors d’un déplacement aux Etats-Unis un changement de discours sur le passé de l’entreprise durant l’occupation nazie.
Des familles de rescapés aux Etats-Unis et des élus avaient sommé la SNCF, candidate à des marchés de lignes à grande vitesse en Floride et en Californie, de s’expliquer sur son rôle dans la déportation des juifs et, éventuellement, d’indemniser les descendants.
La SNCF a également créé un site internet en anglais sur le sujet de l’holocauste.
Elle y rappelle le rôle des cheminots dans la résistance et souligne que, sur 450.000 employés de la SNCF à l’époque, seuls 467 ont été frappés d’indignité nationale pour collaboration.
Source : Le Parisien, Europe 1, Le Point

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