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Dernier avis de passage : Couvre-chefs ethniques à la Maison rouge : « Voyage dans ma tête »

par André Balbo, 9 mai 2011

Antoine de Galbert a créé à Paris en 2004 la Maison rouge, qui se consacre à l’art actuel. L’exposition que l’on peut y voir en ce moment rassemble bon nombre des couvre-chefs imaginés par les hommes en dehors de l’Europe. Ils proviennent de sa collection personnelle, commencée il y a une quinzaine d’années.

Ces coiffes viennent d’Afrique, d’Asie, des Amériques et d’Océanie. Elles sont plus de 400 et formeraient aussi une parfaite exposition d’ethnologie, avec l’aide de la spécialiste Bérénice Geoffroy-Schneiter.

Et pourtant « ce n’est ni une exposition d’ethnologie, ni une exposition d’art contemporain, ni une exposition de mode. C’est plutôt un voyage immobile autour du monde (…) Une incursion poétique à travers un univers de formes, de matériaux et de couleurs, un inventaire de tous les possibles en matière d’usages et de rituels. »

Pour le journal Le Monde, Intérêt et charme sont dus « à l’extravagance des parures, des dessins et des matériaux. Comment ces montages de plumes, perles, coquillages, cornes, carapaces d’insecte, dents, épines, racines, palmes ou tissus, ont-ils pu se poser sur un front, tant est ample la distance entre la forme simple de la tête humaine et ces formes d’une complexité délirante. »

Comme le souligne le collectionneur, les hommes à travers le monde se couvrent la tête pour se protéger, s’embellir, parader… Mais loin de n’être que de simples colifichets ou des accessoires frivoles, les coiffes ici deviennent des idéogrammes, des identités mentionnant le statut et le rang, traçant précisément la place de la femme ou de l’homme au sein de son univers et des siens.

Symbolique et fonction de ces parures (pouvoir, sacré, chasse et guerre, rites de passage et de séduction), l’exposition invite aussi le visiteur à une plongée sensorielle dans des matériaux (poils, cornes, écailles, plumes, perles, fourrure, boutons, cheveux, crânes de singes, insectes…).

Voilà une expérience esthétique qui bouscule les habitudes visuelles (l’Afrique dialogue avec l’Océanie, l’Asie centrale avec le monde sibérien). Telle coiffe du Paraguay tapissée d’écailles de crocodile se trouvera ainsi exposée aux côtés d’une coiffure composée d’une carapace de pangolin Benge de la République du Congo. Tel couvre-chef de guerrier Naga (aux confins de l’Inde et de la Birmanie) orné de défenses de sanglier et sommé d’un crâne de singe sera confronté à une sélection de coiffes africaines ou philippines sollicitant le même trophée animal.

L’exposition se clôt par une vitrine regroupant des prêts exceptionnels consentis par le musée du Quai Branly.

"Voyage dans ma tête". La Maison rouge. Du mercredi au dimanche, de 11 à 19h ; le jeudi jusqu’à 21h. 7€. Jusqu’au 26 septembre.

André Balbo

Sources : La Maison rouge, Le Monde

Adresse, horaires ...

10, boulevard de la Bastille, 75012 Paris

Dernière modification : mardi 9 mai 2011, par André Balbo, photographe -

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