Un collectif d’associations franco-chinoises appelle à manifester dimanche 20 juin dans le quartier de Belleville à Paris pour dénoncer les « violences » dont seraient victimes les membres de cette communauté vivant notamment dans l’Est parisien.
La manifestation aura comme principal slogan « sécurité pour tous, solidarité avec les Chinois de Paris ». Selon les organisateurs, au moins 10 000 personnes seraient attendues.
Après avoir observé que « les personnes d’origine asiatique résidant dans les quartiers populaires sont la cible de violences et de vols récurrents » commis par des « délinquants au comportement raciste », la fille adoptive de Jacques et Bernadette Chirac, Anh Dao Traxel, d’origine vietnamienne, a indiqué qu’elle se joindrait aux manifestants.
Évoquant également un « climat d’insécurité grandissant dans des quartiers de l’Est parisien où le sentiment d’appréhension et d’anxiété gagne jour après jour le quotidien des habitants et des commerçants », les organisateurs appellent « à la solidarité de tous afin de mettre un terme aux violences envers la population d’origine chinoise ».
L’association Hui Ji, qui se présente comme la plus ancienne organisation des immigrés chinois, parle d’une « situation inquiétante qui conduit les Chinois de France à vivre dans la peur des voyous et dans la méfiance envers les forces publiques qui sont censées les protéger ».
Entre 600 000 et 700 000 Chinois, selon les estimations, sont installés en France en majorité à Paris et dans sa banlieue.
D’une façon plus générale, concernant la violence installée dans la capitale, les services d’investigations transversales de la préfecture de police de Paris ont répertorié 52 groupes dits « sensibles » et 29 bandes violentes dont 6 bandes de filles. La carte de la violence à Paris a été dressée. Elle n’a pas été rendue publique à ce jour, étant considérée comme un élément de travail par les services de la préfecture. De la même façon qu’une carte des lieux de deal de la capitale existe, elle aussi non publique. Des lieux d’affrontement ont également été identifiés, comme par exemple, entre autres, la gare du Nord, le Forum des Halles et les Champs-Élysées.
Il est à remarquer que si cette première réaction contre ce que l’on pourrait nommer « la violence endémique » à Paris vient de la communauté chinoise, l’exaspération des populations de nombreux quartiers de la capitale face à ce phénomène installé est bien réelle et constante. Il serait certainement très éloquent qu’un tel sujet fasse au plus vite l’objet d’un sondage auprès de la population.
André Balbo
Sources : Libération, Préfecture de police de Paris

envoyer par mail
Imprimer la page