Infos Rennes 
31 octobre 2008

Des détenus à l’hôpital. Sans surveilance

 



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Escorter un détenu devient un vrai problème, faute de moyens humains suffisants

« Avec le nombre historique de détenus dans nos établissements, le problème des transports et des escortes vers l’hôpital s’est encore accru », explique un directeur de l’ad­ministration pénitentiaire de la région parisienne.

Les transports constituent un maillon faible de la surveillance pénitentiaire et donnent lieu à des évasions. Il faut dire que l’augmentation importante du nombre de détenus ainsi que la tendance au vieillis­sement de la population pénale ont détérioré une situation déjà tendue. Résultat : la sécurisation des transports et des séjours hospitaliers des détenus diminue et leurs soins sont fréquemment retardés.

Sur le terrain, les "adaptations locales" remplace la rigueur des textes. Depuis de nombreux mois, policiers et surveillants se renvoient la balle. Chargées d’arbitrer les querelles de moyens, les autorités préfecto­rales « négocient » des solutions au cas par cas.

« À Rennes, par exemple, il n’est pas rare que des condamnés hospitalisés soient laissés à l’hôpital sans surveillance », confie un responsable de l’administration pénitentiaire.

C’est actuellement le cas de deux détenues de la prison pour femmes. À Lannemezan, deux prisonniers ont porté leur dossier le mois dernier devant la Direction des affaires sanitaires, se plaignant de la façon dont s’est déroulée leur hospitalisation. L’un d’eux raconte par exemple comment il a été longuement menotté les gendarmes estimant que les locaux n’étaient pas suffisamment sécurisés avant son intervention, puis laissé ensuite totalement seul, sans entrave ni la moindre surveillance cette fois à son réveil…

« En réalité, devant la difficulté d’organiser les déplacements, la tendance est actuellement à reculer au maximum l’échéance des soins, ex­plique un surveillant pénitentiaire. Du coup, quand il faut intervenir, c’est souvent en urgence, au milieu de la nuit, et là, c’est encore plus dif­ficile à gérer. »

Dans la région parisienne, la fermeture de l’hôpital péniten­tiaire de Fresnes annoncée pour 2010 sus­cite aussi de nombreuses in­quiétudes : alors qu’une fourgonnette et deux surveillants suffisaient à déposer une quinzaine de pa­tients dans l’enceinte barricadée de Fresnes, hôpital installé à l’intérieur même de l’enceinte de la prison, les transports individualisés vers les hô­pitaux généraux devront être mul­tipliés.

evous le 25 juillet 2008


derniere modification: vendredi 31 octobre 2008, par Philippe Douay