Le Cash de Nanterre (centre d’accueil, de soin et d’hébergement) est un établissement atypique dans sa structure comme dans son fonctionnement. Il appartient à la Ville de Paris, mais il est présidé par le préfet de police de la capitale. Il regroupe à la fois un hôpital de proximité et des services dédiés aux personnes exclues : accueil de jour, consultation médicale, lits infirmiers, centres d’hébergement de moyenne et longue durée, maison de retraite, sans oublier le fameux Chapsa (centre d’hébergement d’urgence) où arrivent chaque soir par bus RATP des SDF de la capitale.
En résumé, le Cash de Nanterre accueille les sans-abri qui viennent de toute la région parisienne passer la nuit et souvent se faire soigner à Nanterre, et pourtant la Ville de Paris n’a pas été encore mise à contribution pour la rénovation de l’établissement.
Un budget de 7,7 millions d’euros est prévu pour améliorer la prise en charge de ces sans-abri au Cash. « On travaille pour que cet établissement soit maintenu, il est indispensable pour le secours aux personnes en difficulté », ont rappelé vendredi le président du Cash, Michel Gaudin, et le directeur, Philippe Thomas, lors d’une visite de l’établissement par Patrick Devedjian. « L’hôpital ne peut pas tourner sans le social et le social a besoin d’un hôpital in situ pour soigner les gens. » Président du Samu social de Paris, Xavier Emmanuelli a assuré au ministre de la Relance et président du conseil général des Hauts-de-Seine : « Ici, il y a tout le panel, de l’hébergement aux soins.
Cela a un grand intérêt parce que les hôpitaux modernes ne savent plus accueillir ce type de patients… » Si Patrick Devedjian a paru convaincu du bien-fondé de l’établissement, il s’est montré moins enthousiaste à la vue du montage financier du projet d’humanisation, qui profite de l’argent du plan de relance : 77 % du projet sont subventionnés par l’Etat et 3 % sont autofinancés par l’établissement.
Restent 20 % à financer : le Cash espère obtenir la moitié (778 000 €) du conseil général des Hauts-de-Seine et l’autre du conseil régional. « Je donne de l’argent au titre du plan de relance, au titre du conseil général, et vous ne demandez rien à Paris qui nous donne toujours des leçons de morale en matière de solidarité ? » s’est agacé le ministre.
Et il a passé toute la visite à demander des chiffres sur la part de SDF parisiens et altoséquanais fréquentant les différents services. Médecins et administratifs affichaient tous des mines défaites en tentant de trouver des chiffres cohérents. À qui pourraient bien « appartenir » les sans-domicile-fixe, qui par définition n’habitent nulle part et partout, même si certains sont domiciliés dans une association ?
Par gentillesse, la direction du Cash a promis au patron des Hauts-de-Seine de tenir compte de son observation.
André Balbo
Source : Le Parisien

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