« Article 1 : La famille princière a toujours raison ! »
« Article 2 : Les membres de la Cour se doivent de devancer les souhaits de la famille princière, sous peine d’être jetés sans délai aux poubelles de l’Histoire ! »
La Famille ? Cécilia ne l’appelait-elle pas la Firme ?
En se déclarant candidat aux cantonales de mars 2011 dans la principauté Sarkozy, Patrick Devedjian vient peut-être de commettre sa troisième incartade et de se condamner. Il y a dit : « Il peut y avoir d’autres candidats face à moi », comme Jean Sarkozy. « Il ne souhaite pas me soutenir, c’est bien son droit ».
Rappelons qu’après son départ du gouvernement, cet ex-ministre de la Relance avait accusé (2e incartade) l’Elysée d’avoir multiplié les pressions pour l’écarter de la présidence de la fédération UMP des Hauts-de-Seine, au profit de Jean-Jacques Guillet.
M. Devedjian n’est pourtant pas un ange. Il fut longtemps considéré comme l’un des « cogneurs » les plus brutaux de Nicolas Sarkozy. Avocat, combatif donc de métier comme de caractère, il a dirigé le parti présidentiel de 2007 à fin 2008. On a pourtant presque envie de le protéger tant la partie engagée paraît inégale…
Il avait annoncé dès juillet 2009 qu’il serait candidat à sa propre succession à la tête du département des Hauts-de-Seine en 2011, malgré l’opposition du redoutable couple Balkany et de quelques autres élus locaux, très, d’aucuns diraient trop, proches du chef de l’Etat.
Patrick Devedjian a bien sûr aussi contre lui d’avoir émis l’injure suprême en 2008, 1ère incartade. La plus belle ! Succédant à Nicolas Sarkozy à la présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine, il avait indiqué dans une interview à l’Express le 17 juillet : « Dans la continuité de ce qu’avait engagé Nicolas Sarkozy, je suis amené à nettoyer les écuries d’Augias » (…) « Je souhaite rendre au département des Hauts-de-Seine une bonne réputation ; or celle-ci a été malmenée ». « J’ai trouvé, en ouvrant les placards, des anomalies anciennes que je m’emploie à rectifier ».
Patrick Devedjian rappelait à l’époque qu’il y avait « trois procédures judiciaires pénales lourdes (…) diligentées dans le département ». « Je faciliterai les investigations de la justice. Évidemment, cela ne plaît pas à tout le monde », observait l’élu. « J’évalue aussi le fonctionnement des services et j’ai découvert beaucoup de bizarreries. Là encore, cela ne plaît pas à tout le monde, mais une très large majorité me soutient ». Ah, Jeunesse ! Et Patrick Devedjian concluait : « Toutes les attaques dont je suis l’objet résultent de ma lutte contre la corruption ». Était-ce de la lucidité ou de la prémonition ?
Il était évident qu’Isabelle Balkany, alors vice-présidente (UMP) du conseil général des Hauts-de-Seine, allait répliquer : « Je suis scandalisée et extrêmement choquée par ces déclarations qui mettent en cause l’honorabilité et la respectabilité des élus, de l’administration du Conseil général et de ses deux anciens présidents », Charles Pasqua (1988-2004) et Nicolas Sarkozy (2004-2007). Inconcevable !
L’ensemble du clan se devait donc de réagir, et Isabelle Balkany, qui est aussi l’épouse du maire de Levallois, Patrick Balkany, en était-elle la porte-parole ? De fait, elle passa à la franche menace contre Patrick Devedjian : « S’il cherche un clash, qui était sous-jacent avec sa majorité, je pense qu’il va le trouver (…) Nous nous sentons tous mis en cause, ma réaction est une réaction collective ».
La conclusion de cette histoire sera sans doute connue en mars 2011. Ce sera un plat qui ne se mangera pas si froid. Triste remake d’« Il était une fois dans l’Ouest… » ? Un autre hussard sera manquant pour 2012.
André Balbo
sources : L’Express, Le Monde, i-Télé

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