Ça va saigner dans les gratuits !
Au 1er semestre 2010, la diffusion nationale moyenne de 20 Minutes selon l’OJD a été de 754 000ex, celle de Direct Matin, de Vincent Bolloré, de 702 000, et celle de Metro seulement de 652 201 exemplaires.
Metro réagit et passe à l’offensive en augmentant sa distribution de 100 000 exemplaires, soit 15% de plus qu’actuellement.
Il lance le 27 septembre 4 pages consacrées aux informations parisiennes (chroniques, conseils pratiques, sorties), dont serait chargée une petite équipe. Rien que sur Paris, il est dit que 60 000 exemplaires supplémentaires seraient distribués.
La montée progressive en puissance sur Paris sera finie début octobre, Metro devant y être alors distribué à quelque 470 000 exemplaires.
Ici nous sommes sur la pratique des gratuits. Il ne s’agit plus de mise en place mais d’exemplaires donnés. Combien sont lus ? Combien jetés ? Pour diffuser quel type d’informations ? Quel type d’adhésion ou de fidélité du lectorat ? Pour ramasser quel type de publicité ?
Zenith Optimedia ne prévoit en 2010 qu’une croissance limitée à 2% dans la presse gratuite d’information. Comment de tels investissements consentis se traduiront-ils en recettes publicitaires ? La France serait le pays qui compterait le plus d’acteurs gratuits. Leur rentabilité reste fragile. On sait qu’il y aura très certainement des morts. Mais la course à la diffusion continue…
Direct Matin a perdu 15M€ en 2009. Atteindre l’équilibre en 2012, ou tenir jusqu’en 2012 ? En juin, sa mise en place a été de 814 354. Objectif affiché, devenir numéro un du secteur avec 850 000 exemplaires.
20 Minutes a lancé trois nouvelles éditions cette année (Grenoble, Nice, et Montpellier), et promet encore d’autres lancements.
Les gratuits seront-ils appelés à jouer un rôle en 2012 ? Jusque-là, leur modèle économique nous paraît pour le moins un peu mystérieux.
André Balbo
Source : Les Échos

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