Dès le mois d’octobre, les entreprises qui voudront travailler avec la Ville de Paris devront démontrer leurs efforts en matière de promotion de la diversité. Ainsi, pour sensibiliser les acteurs de l’économie à un sujet trop souvent peu pris en compte, la règle du jeu sera-t-elle notablement modifiée.
La mise en place d’une telle pratique pourrait à terme assurer une meilleure insertion professionnelle aux femmes, aux jeunes, aux séniors, aux personnes souffrant d’un handicap, ou aux habitants de quartiers sensibles.
L’initiative est venue de Seybah Dagoma, élue du Ier et adjointe à la mairie en charge de l’Économie sociale et solidaire. Dans ce projet, elle a reçu le soutien du CRAN (Conseil représentatif des associations noires) et du club FACE Paris, qui est un club d’entreprises luttant contre l’exclusion.
Quelle est l’importance des marchés en jeu ? La direction des achats de la Ville de Paris est à l’origine de quelque 1 500 marchés de 800M€, ce qui devrait faire rapidement réfléchir les entreprises intéressées de concourir.
Lorsqu’une entreprise se portera candidate à un appel d’offres, elle recevra de la direction des achats un document sur les engagements de la Ville pour la diversité et la lutte contre les discriminations, et également un questionnaire axé sur les actions qu’elle aura menées dans le domaine de la diversité. Par exemple :
Avez-vous formalisé votre engagement en la matière ?
Quels sont les publics visés : Femmes ? Jeunes ? Seniors ? Handicapés ? Habitants de quartiers sensibles ?
Quels outils mettez-vous en place ?
Et de cette manière, bon nombre de PME comme de sociétés, risquent d’avoir rapidement à se pencher sur la réalité de leur politique sur ces domaines. L’importance des marchés en jeu devrait rendre chacun encore plus attentif…
Ce ne sera pas une obligation, mais pour emporter un marché public s’il est préférable que l’entreprise soit la mieux-disante sur le plus grand nombre de critères techniques et financiers, l’implication dans une politique soutenant la diversité sera dorénavant un avantage supplémentaire.
Une fois de plus, dans le film Le Pacha, Audiard avait su trouver les mots pour le dire : « Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute ».
Les marchés visés seront ceux dont la durée est supérieure à 3 ans, afin de permettre aux entreprises de mettre en place leurs actions.
Une idée forte et novatrice, qui pourrait peut-être à l’avenir être judicieusement étendue à tous les marchés publics d’Ile-de-France, voire de l’ensemble du territoire national.
André Balbo
sources : Ville de Paris, Le Parisien, Michel Audiard

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